09.04.2007

Louis XIV et Marly

Louis XIV a construit Marly pour lui et ses amis, pour échapper à la cour ne serait-ce que pour quelques heures contrairement à Versailles qui l'a été pour ses courtisans. Le château se situe à deux lieues au nord de Versailles, sa construction en a été confiée à Mansart dès 1679. Saint-Simon estime lui que "le Roi, lassé du beau et de la foule, se persuada qu'il voulait quelquefois du beau et de la solitude". Le nouveau domaine où le Roi peut séjourner dès 1686 contraste énormément avec Versailles, Marly se dissimule dans la verdure qui cerne les constructions. Tout de même le terme de "Roi-Soleil" y trouve sa plus évidente traduction architecturale et symbolique : le château principal, demeure du roi, porte sur ses frontons l'image du soleil parcourant sa course céleste, tel un palais solaire. Les douze pavillons satellites parfaitement carrés sont répartis de chaque côté de la voie d'eau. Chaque pavillon est attribué à une divinité ou une allégorie : Thétys, Minerve, Mars, Hercule, La Victoire, l'Abondance, Bacchus, Saturne, Vénus, Diane, Mercure. A Versailles tout courtisan peut se rendre sans autorisation express du roi tandis qu'à Marly on ne peut être admis que sur invitation personnelle du souverain "Sire, Marly..." suggère-t-on au roi l'avant-veille des voyages! Quand les dames se présentent au souper du roi cela s'appelle "se présenter pour Marly", les invitations sont adressées à  leur nom, leurs maris suivent. Marly est ainsi une sorte de cour très privée dont les membres sont triés sur le volet. Le cérémonial y est assoupli : même en présence du roi, les hommes restent couverts et les femmes sont admises dans le salon en robes de chambre (toilette de ville). Pour les courtisans obtenir ou ne pas obtenir Marly est un très sérieux baromètre de leur faveur à la cour de Louis XIV.

Louis XIV : sa dernière femme : Madame de Maintenon

 

"Sainte Françoise" selon Louis XIV en manteau d'hermine peu apres son mariage

 

Françoise d'Aubigné est née le 24 novembre 1635 à la prison de Niort, geôle de son père le fils du non moins célèbre Agrippa d'Aubigné. Née catholique, elle passera sa petite enfance chez Mme de Vilette sa tante huguenote à Mursay. Ensuite, elle va avec ses parents à la Martinique où son père est nommé gouverneur de Marie-Galante, séjour qui lui vaudra le surnom de "belle indienne". A son retour , elle est prise en charge par Mme de Neuillant sa marraine qui la place immédiatement chez les Ursulines afin qu'elle soit de nouveau convertie au catholicisme. En avril 1652, à l'âge de seize ans, elle épouse le paralytique poète Scarron de quarante-deux ans son aîné, protégé de Mme de Neuillant à qui elle répondit lors de cette offre inattendue pour une jeune fille sans dot " J'aime mieux l'épouser qu'un couvent." A vingt-cinq, elle devient veuve et si Scarron lui a inculqué une grande culture, il la laisse sans le sou. De son mariage Françoise a gagné l'art de plaire et en a conservé les relations, ainsi Anne d'Autriche sollicitée par des amis communs accorde à la veuve Scarron une petite pension. A la mort de la reine mère, sa pension est rétablie par une Mme de Montespan non encore favorite ; les deux femmes se sont rencontrées chez le maréchal d'Albret proche de Scarron. Si Athénaïs de Montespan pense à elle pour devenir la gouvernante des bâtards royaux, c'est que la veuve Scarron a su la divertir et qu'elle est discrète mais aussi et surtout parce que Françoise sait bien que l'on gagne toujours à servir le roi. Gouvernante, elle le devient en 1669 à la naissance d'une première fille puis un second enfant arrive en 1670, peu après le décès du premier enfant, elle s'installe à Vaugirard et quitte brusquement la scène du monde et y rencontre pour la première fois le roi qui s'y aventure pour voir ses enfants.  Elle réapparaît à la cour en 1673 lors de la légitimation des bâtards royaux. Sa véritable relation avec le roi débute en 1675, d'ailleurs Louis XIV écrit dans son journal "il y a quelques jours, un gentilhomme de gris vêtu, peut-être un prince errant incognito entreprit durant la nuit une nymphe égarée dans le parc de Saint-Germain. Il savoit le nom de cette nymphe qu'elle étoit belle, bonne, pleine d'esprit mais sage. La nymphe cependant se laissa faire et ne lui refusa aucune faveur. Cette nymphe ressemblait à s'y méprendre à Mme Sc. ; et je crois deviner qui étoit le prince vêtu de gris. Ce prince est comme moi, il déteste les femmes légères, il honnit les prudes, il aime les sages.",  sa faveur commence à se déclarer lorsque en 1675, le roi la nomme "Mme de Maintenon", balayant ainsi le vieux poète Scarron. Par la suite tout s'accélère, sa faveur grandit, elle forme avec le roi le vrai couple parental des bâtards dont le duc du Maine. En 1683, la reine Marie-Thérèse meurt, le roi épouse Mme de Maintenon dans la nuit du 9 au 10 octobre 1683. Ce mariage reste secret mais le doute plane sur la cour, Ezechiel Spanheim, ambassadeur de Brandebourg, écrit que "ce commerce (entre le roi et la marquise), qu'on attribua longtemps qu'à une pure estime et aux seuls agréments de l'esprit et de l'humeur de la dame, a paru si grand et si particulier dans la suite, que le bruit sourd se répandit que le roi l'avait épousée secrètement (...). Cette créance qui fut d'abord prise pour une ces chimères de cour à tourner en ridicule un attachement si extraordinaire dans la suite n'a point paru mal fondé à la plupart des gens mais avoir même d'assez grands préjugés pour l'affirmer. Ceux qui en sont persuadés (...) ne peuvent que l'imputer au penchant du roi à la dévotion, à une mortification de ses sens, à une pénitence de ses amours criminels, et à une conduite particulière par où elle a su engager en premier lieu toute l'amitié et la confidence de Sa Majesté, et en suite , par crainte de retomber en ses faiblesses passées, ou par la considération même de ses infirmités suivies, la porter ( si ces bruits sont véritables) à en faire non seulement sa confidente mais sa femme légitime.".
 
Elle fait planer sur la cour une ère de dévotion et de rigueur, d'ailleurs les historiens se sont beaucoup interrogés et s'interrogent encore sur le rôle réel joué par Mme de Maintenon, accusée de tous les maux (révocation de l'Edit de Nantes, par exemple, dont nous savons qu'elle ne fut en aucun cas responsable), il convient de modérer son influence auprès du roi, même si sa présence a pu jouer parfois un rôle non négligeable. Le roi crée pour elle Saint Cyr, maison d'éducation des jeunes filles nobles pauvres, lieu où elle se retirera à la mort de son mari en 1715 et y mourra le 15 avril 1719.


cest la belle vie

21:00 Écrit par Isa dans Versailles | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : versailles |  Facebook |

La Favorite de Louis XIV : Madame de Montespan

Françoise de Rochechouart de Mortemart, dite Mlle de Tonnay-Charente,  est née le 5 octobre 1640 à Lussac en Poitou, son prénom d'Athénaïs, elle ne le prendra que bien plus tard lorsqu'elle sera sous l'influence de la préciosité. Elle arrive à la cour en 1660 pour être dame d'honneur de la reine Marie-Thérèse. Elle épouse en 1663 Louis-Henri Gondrin de Pardaillan marquis de Montespan. Mme de Sévigné alors ne parle d'elle que comme "l'incomparable", "la belle madame" ou encore comme d'une "triomphante beauté". La marquise, maîtresse du roi depuis 1667, devient la favorite par excellence au zénith du roi-soleil vers 1670, elle sera la reine de Versailles pendant dix ans remplissant à merveille le rôle de reine, là où l'officielle n'est que timidité et source de railleries. Elle est encensée par toute la cour où elle exerce le fameux "esprit des Mortemart", elle protège Corneille, Molière, La Fontaine et Lully. Louis XIV s'en sert à bon escient comme "d'une beauté à faire admirer à tous les ambassadeurs" (Mme de Sévigné).  Seulement Athénaïs est une femme  extrêmement jalouse qui ne supporte pas que le roi puisse avoir d'autres aventures, pour Mlle de Fontanges elle lui fait scène sur scène, cependant la jeune fille meurt après une fausse couche "blessée dans le service" comme se plait à dire Mme de Sévigné. Or très vite les soupçons se portent sur la marquise de Montespan, c'est la fameuse affaire des poisons qui débute, elle faillit éclabousser le roi....et la perdra!

Tout remonte à La Voisin et à la marquise de Brinvilliers qui utilisent des poudres de succession, cette dernière, une fois arrêtée, désigne des personnes influentes de la cour et en plus a des appuis à la cour qui veulent la défendre notamment le Parlement. Le roi se doute donc alors qu'il faut arrêter la procédure sinon la marquise échappera à tout supplice ; le roi évoque donc l'affaire pour la faire trancher par une chambre de justice mais l'affaire rebondit... le lieutenant de police La Reynie a réussi à démanteler un réseau de "sorciers", le roi évoque donc aussi cette partie de l'affaire car sa maîtresse, la marquise de Montespan, s'y trouve mêlée ; tout sera traité en Conseil du roi. Pour ménager l'opinion, Louis XIV règle de manière progressive l'éviction de la favorite, elle n'est point chassée de Versailles mais est condamnée à la discrétion ; le roi continue de lui rendre visite pour sauver l'honneur de la marquise et éviter tout scandale. Elle ne quitte la cour qu'en 1692 et pratiquera jusqu'à sa mort une dévotion certaine, elle se donne une fin de vie quasi-identique à celle de Louise de La Vallière puisqu' Athénaïs se retire au couvent Saint Joseph qu'elle avait fondé des années auparavant rue Saint Dominique à Paris, elle meurt le 27 mai 1707 lors d'une cure à Bourbon à L'Archambault.

Mme de Montespan et le roi ont eu six enfants qui furent tous légitimés ainsi les duc du Maine, comte de Vexin, Melles de Nantes, de Tours et de Blois, qui devint la femme du régent, et le comte de Toulouse. Louis XIV avait même prévu dans son testament que ces  princes pourraient accéder au trône en cas d'extinction de la branche des Bourbon et avait même admis dans le conseil de régence par testament le duc du Maine et le comte de Toulouse. Ceci fut cassé par le Parlement après sa mort, à la demande du régent.


je suis bien

 

20:58 Écrit par Isa dans Versailles | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : versailles |  Facebook |