01.04.2007

Les peintres Montmartrois : Auguste Renoir


Auguste Renoir (Limoges 25 février 1841 - Cagnes-sur-Mer 3 décembre 1919), de son état civil complet Pierre Auguste Renoir, est l'un des plus célèbres peintres français. Difficilement classable, il a appartenu à l'école impressionniste, mais s'en est assez vite écarté, plus intéressé par la peinture de corps féminins que par celle des paysages, et fortement influencé par les œuvres de Raphaël.

Biographie
Auguste Renoir est né à Limoges le 25 février 1841. En 1845, Renoir et sa famille quittent Limoges pour Paris. Pierre-Auguste y suit sa scolarité jusqu’à l’âge de 13 ans. Jeune adolescent, il part travailler chez les frères Lévy où il peindra, jusque l’âge de 17 ans, des bouquets, des fleurs, … sur de la porcelaine. En 1858, Renoir s’adonne à la peinture sur éventail. Ces travaux lui laisseront un goût des œuvres fortes et lumineuses ainsi qu’un coup de pinceau sûr et rapide.

En 1862, Renoir entre aux Beaux-Arts et dans l’atelier de Gleyre où il rencontre Monet, Bazille et Sisley. Ses premiers tableaux de nature classique, romantique et réaliste étaient souvent sous-estimés. Cependant, la première œuvre qu’il exposa au salon (l’Esméralda 1864) connut un véritable succès, mais après l’exposition, il la détruisit. Il peint énormément des paysages et des corps humains, principalement des corps féminins (surtout celui de Lise Tréhot qui fut sa maîtresse). Cette jeune femme fut vitale à l’art de Renoir car, lorsque leur relation se termina, les œuvres du peintre changèrent. Il était plus tempéré dans ses émotions. La carrière de Renoir débuta réellement en 1867 lors de l’exposition de la Lise à l’ombrelle.

De 1870 à 1883, Renoir entre dans la période impressionniste. Il y peint beaucoup de paysages mais ses œuvres les plus caractérisées traitent de la vie sociale urbaine. Quel que soit le sujet, sa principale préoccupation est la jeunesse et la vitalité. Sa plus grande œuvre de cette décennie est le Déjeuner des canotiers.

De 1883 à 1890, Renoir entre dans la période ingresque. Après un voyage en Italie, il doute de son art et veut modifier son trait de pinceau. Les contours de ses personnages deviennent plus précis. Il dessine les formes avec plus de rigueur, les couleurs se font plus froides. Lorsqu’il devient papa pour la première fois d’un petit Pierre (1885), Renoir abandonne ses œuvres en cours pour se consacrer à des toiles sur la maternité. Ensuite, il réalise la plus grande œuvre de cette période qui sera les Grandes baigneuses qui lui prit trois ans.

De 1890 à 1900, Renoir change de nouveau son style. Ce n’est plus du pur impressionnisme ni du style de la période ingresque, mais un mélange des deux. Il conserve les sujets Ingres mais reprend la fluidité des traits. La première œuvre de cette période, les Jeunes filles au piano, est acquise par l’État français pour être exposée au musée du Luxembourg. En 1894, Renoir est de nouveau papa d’un petit Jean (qui deviendra cinéaste, auteur notamment de La Grande Illusion et La Règle du jeu) et reprend ses œuvres de maternité. La bonne de ses enfants, Gabrielle Renard, deviendra un de ses grands modèles.

De 1900 à 1919, Renoir entre dans une quatrième période appelée période cagnoise. À cette époque il souffre de graves crises de rhumatismes. La naissance de son fils Claude en 1901 donne un éclat particulier à sa peinture. À maintes reprises, il le peindra en compagnie de sa nourrice. Elle deviendra très vite un nouveau modèle pour le peintre. Après la mort de son épouse Aline en 1915, Renoir, cloué dans son fauteuil roulant, continue à peindre pour oublier son chagrin.

En 1919, il s’éteindra à Cagnes-sur-Mer après avoir pu une dernière fois visiter le Louvre et revoir ses œuvres des époques difficiles. Il est enfin reconnu. Il est enterré à Essoyes, dans l'Aube.

Impulsif, nerveux et bavard, Renoir eut souvent des opinions contradictoires, mais il fut toujours loyal envers sa famille et ses amis. De tous les impressionnistes, c’est lui qui a peint avec le plus de non-constance les événements et les plaisirs des gens « ordinaires ». Il est le seul à avoir fait des peintures grandeur nature négligeant parfois les valeurs impressionnistes. Ces lignes de recherche très diverses rendent Renoir et ses œuvres difficilement saisissables. Il dirigea aussi le travail de différents sculpteurs (buste d’Aline, La Grenouillère (sculpture) 1869).

Œuvres principales
Claude Monet lisant, (1872), Musée Marmottan, Paris
Allée cavalière au bois de Boulogne, (1873), Fondation Barnes Kunstalle, Hambourg
Buste de femme, (1872-1875), The Barnes Foundation, Merion, Pennsylvanie
La Loge, (1874), Courtauld Institute Galleries, Londres
Jeune fille lisant, (1874-1876), Musée d'Orsay, Paris
Femme vue de dos, (v. 1875-1879), Musée Malraux, Le Havre
La cueuillette des fleurs, (1875, National Gallery of Art, Washington D.C.
Les amoureux, (1875), Narodni Galerie, Prague
Autoportrait, (1875),
Portrait de Claude Monet, (1875),
Le Moulin de la Galette, (1876), Musée d'Orsay, Paris
Premiers pas, (1876), Collection particulière
La sortie du conservatoire, (1876), The Barnes Foundation, Merion, Pennsylvanie
Femme au piano, (1876), Art Institute, Chicago
Portrait de Monsieur Chocquet, (1876), Collection Oskar Reinhart, Winterthur
Au jardin, (1876), Musée Pouchkine, Moscou
Portrait de Nini Lopez, (1876), Musée Malraux, Le Havre
Portrait de Jeanne Samary, (1877), Musée Pouchkine, Moscou
La couseuse, (1879),
La fille du déjeuner, (1879),
Les canotiers à Chatou, (1879),
Le déjeuner, (1879),
La jeune fille au chat, (1879),
Près du lac, (1880),
Place Clichy, (1880),
Mademoiselle Irène Cahen, d'Anvers, (1880), Collection E.G. Bührle
Le Déjeuner des canotiers, (1880-1881), Phillips Collection
Baie de Salernes ou Paysage du Midi, (1881), Musée Malraux, Le Havre
Danse à la ville, (1883), Musée d'Orsay, Paris
Les Grandes Baigneuses, (1884-1887), Musée d’art de Philadelphie, Pennsylvanie
La Dame à l'éventail, (1908), Collection Durand-Ruel, New York
Jeune fille à la mandoline (1918), Collection Durand-Ruel, New York
Pins à Cagnes, (v. 1919), Musée Malraux, Le Havre
la Baigneuse
la Balançoire



 


Les peintres Montmartrois : Amedo Modigliani

Amedeo Clemente Modigliani (12 juillet 1884 à Livourne - 24 janvier 1920) était un peintre et un sculpteur italien.

Quatrième enfant d'un homme d'affaire ruiné et d'Eugénie Garsin, son enfance est pauvre et marquée par la maladie. À 14 ans, il subit une attaque de typhoïde et deux ans plus tard une tuberculose. En 1898, son frère de 26 ans, Emmanuel, est condamné à six mois de prison pour anarchisme.

En 1902, il s'inscrit à l'école libre du nu, Scuola libera di Nudo à Florence et l'année suivante à l'Institut des Arts de Venise où il fréquente les bas-fonds.

En 1906, il déménage à Paris alors le centre de l'avant-garde dans le Bateau-Lavoir, un phalanstère pour prolétaires de Montmartre. D'abord influencé par Toulouse-Lautrec, il s'inspire de Paul Cézanne, le cubisme et la période bleue de Picasso. Il est remarqué pour sa vitesse d'exécution. Il ne retouche jamais ses tableaux mais ceux qui ont posé pour lui ont dit que c'était comme avoir son âme mise à nu.

En 1909, il fait un court séjour à Livourne, malade et usé par son mode de vie. Il revient à Paris et loue un studio à Montparnasse. Il se considère au début plus comme un sculpteur que comme un peintre, se consacrant à cet art après que Paul Guillaume, un jeune et ambitieux négociant, lui a présenté Constantin Brancusi.

Il découvre l'art nègre et cambodgien au Musée de l'Homme. Ses statues sont reconnaissables à leurs yeux en amande, la bouche en cul-de-poule, les nez tordus, et les cous allongés. Une série fut présentée au Salon d'Automne de 1912, mais il abandonne cette voie brutalement à cause de la poussière.

Il fait le portrait des habitués de Montparnasse, comme Soutine qui avait un « gosier en pente », Diego Rivera, Juan Gris, Max Jacob, Blaise Cendrars et Jean Cocteau.

Au déclenchement de la Première Guerre mondiale, il essaye de s'engager dans l'armée mais sa santé précaire le fait réformer.

Connu comme « Modì » par ses amis, Amedeo est magnétique pour la gent féminine. Il a beaucoup d'aventures jusqu'à ce que Béatrice Hastings entre dans sa vie. Elle reste avec lui pendant presque deux ans, étant le modèle pour plusieurs portraits comme « Madame Pompadour ». Sous l'effet de l'alcool, il est maussade et violent, comme le montre le dessin de Marie Vassilieff. À jeun, il est gracieusement timide et charmant, indiquant des citations de Dante Alighieri et récitant des poèmes du livre du comte de Lautréamont Les Chants de Maldoror dont il garde un recueil en permanence auprès de lui.

En 1916, il se lie avec le poète et marchand d'art polonais Léopold Zborowski et sa femme Anna. Modigliani le peint plusieurs fois ne faisant payer que dix francs par portrait.

L'été suivant, le sculpteur russe Chana Orloffa lui présente Jeanne Hébuterne, une belle étudiante de 18 ans qui avait posé pour Foujita. Lorsque la famille bourgeoise de Jeanne apprend sa liaison avec celui qu'elle considérait comme un débauché et une épave, elle lui coupe les vivres. Leurs relations très orageuses deviennent bientôt encore plus célèbres que le comportement de Modigliani ivre.

Le 3 décembre 1917 a lieu son premier vernissage, mais l'exposition est fermée quelques heures plus tard pour indécence. À cause de problèmes de santé, il doit déménager à Nice avec Jeanne Hébuterne, qui accouche fin 1918 d'une fille prénommée Jeanne

En mai 1919, il retourne à Paris, rue de la Grande Chaumière.

Sa santé se détériore rapidement. N'ayant pas entendu parler de lui depuis plusieurs jours, des voisins le trouvent délirant dans son lit tenant la main de Jeanne enceinte de près de neuf mois. Le docteur ne peut que constater son état desespéré. Il meurt d'une méningite tuberculeuse le 24 janvier 1920.

Les funérailles sont suivies par les communautés d'artistes de Montmartre et Montparnasse. Jeanne Hébuterne, qui avait été conduite chez ses parents, se donne la mort en se jetant d'une fenêtre au cinquième étage, deux jours après le décès de Modigliani.

Leur fille orpheline est adoptée par la sœur de Modigliani à Florence. Adulte, elle écrit une biographie importante de son père intitulé: Modigliani: Homme et mythe.

Galerie :

Almaiisa (1916)
(1917)
(1917)
(1919)
(1918)

Les peintres Montmartrois : Pablo Picasso

Pablo Picasso
Pablo Ruiz Picasso (né à Málaga le 25 octobre 1881 - mort le 8 avril 1973 à Mougins) était un artiste espagnol. Il est principalement connu pour ses peintures, mais fut aussi sculpteur, et est l'un des artistes majeurs du XXe siècle. Il est, avec Georges Braque, le fondateur du mouvement cubiste.

Biographie
Né en 1881, et mort en 1973, son nom complet était Pablo Diego Jose Francisco de Paula Juan Nepomuceno Crispin Crispiniano de la Santisima Trinidad Ruiz Blasco Picasso y Lopez. Le père de Picasso était peintre et professeur de dessin à l'école de Malaga appelée « San Telmo ».

En 1895, Picasso entre aux Beaux-arts et débute sa carrière en 1898. En 1901, il entre dans sa période bleue : atterré par la mort d'un de ses amis il peint des tableaux plus tristes. En 1904, il entre dans sa période rose, il est au Bateau-Lavoir avec des artistes de sa génération et peint des tableaux plus sentimentaux en s'inspirant du cirque (arlequins, acrobates, dompteurs...). Picasso meurt en 1973 et est enterré dans le parc du château de Vauvenargues dans les Bouches-du-Rhône.

Premières peintures
Picasso a ainsi commencé la peinture dès son plus jeune âge, et réalise ses premiers tableaux à huit ans. En 1895, il entre à l'école des Beaux-Arts de Barcelone. Signant d'abord du nom de son père, Ruiz Blasco, il choisit finalement d'utiliser le nom de sa mère, Picasso, à partir de 1901.

Période bleue
La période bleue correspond aux années 1901-1903. Son nom vient du fait que le bleu est la teinte dominante de ses tableaux à cette époque, qui a débuté avec le suicide de son ami Carlos Casagemas ce qui explique qu'elle soit marquée par les thèmes de la mort, de la vieillesse et de la pauvreté, ce qui ne l'empêche pas d'être satirique. Les pauvres, les mendiants et les aveugles sont largement décrits dans les tableaux de cette époque: Dama en Eden Concert (1903), La Vida (1903), Las dos hermanas (1904). On peut ajouter que Pablo Ruiz Picasso en peignant ses tableaux exprime la mélancolie. La période rose sera elle plus gaie, il utilisera des couleurs telles que le rouge et le rose.

Période rose
À partir de 1904, il s'installe à Paris, au Bateau-Lavoir. Il y rencontre sa première compagne: Fernande Olivier . C'est le début de la période rose. Comme précédemment, c'est l'utilisation des teintes rougées qui explique cette dénomination. Les thèmes abordés sont la joie et l'inquiétude existentielle. Ils restent mélancoliques et dominés par l'amour ; on y trouve aussi de nombreuses références au monde du zoo. Il peint des masques, arlequins et clown. Picasso privilégia pendant cette période le travail sur le trait, le dessin, plutôt que sur la couleur...

Cubisme
De 1907 à 1914, il réalise avec Georges Braque des peintures qui seront appelées cubistes. Elles sont caractérisées par une recherche sur la géométrie et les formes représentées : tous les objets se retrouvent divisés et réduits en formes géométriques simples, souvent des carrés. Cela signifie en fait qu'un objet n'est pas représenté tel qu'il apparaît visiblement, mais par des codes correspondant à sa réalité connue.

L'œuvre fondatrice du cubisme est Les Demoiselles d'Avignon en 1907.

Le cubisme consiste aussi à représenter sur une toile en deux dimensions un objet de l'espace. Picasso décompose l'image en multiples facettes (ou cubes, d'où le nom de cubisme) et détruit les formes du réel pour plonger dans des figures parfois étranges (comme une figure représentée sur une moitié de face, et sur l'autre de côté )

Trois formes de cubisme émergent : le précubisme,ou cubisme cezannien, le cubisme analytique et le cubisme synthétique.

Pendant la Première Guerre mondiale, Picasso séjourna à Rome avec Jean Cocteau, travaillant comme décorateur pour le ballet Parade de Léonide Massine et les Ballets russes de Serge de Diaghilev, sur une musique d’Erik Satie. Il y rencontra la danseuse Olga Kokhlova qui devint sa femme. Dans une veine décorative, Picasso réalisa plusieurs portraits d’elle et de leur fils (Paul en Pierrot, 1925, musée Picasso, Paris). Au début des années 1920, dans un climat de reconnaissance mondaine, il peignit des tableaux marqués par un retour à la figuration et au classicisme : Trois Femmes à la fontaine (1921, Musée national d’Art moderne, Paris), et des œuvres inspirées par la mythologie comme les Flûtes de Pan (1923, musée Picasso, Paris).

Surréalisme
L’année 1925 fut celle d’une rupture radicale dans la production du peintre. Il peignit des tableaux très violents montrant des créatures difformes, convulsives, prises dans les rets d’une rage hystérique : Femme dans un fauteuil (1927, collection privée, Bruxelles) et Baigneuse assise (1930, Musée national d’Art moderne, Paris). L’influence des poètes surréalistes fut indéniable dans cette volonté de dépeindre de l’intérieur l’enfer personnel. Cependant il adoptait une approche plus pragmatique que celle du "rêve calqué sur la toile" des surréalistes.

Guernica et pacifisme
À la suite du bombardement de Guernica pendant la guerre civile espagnole, en 1937, Picasso réalise l'une de ses œuvres les plus célèbres, appelée aussi Guernica. Elle symbolise toute l'horreur de la guerre et la colère ressentie par Picasso à la mort de nombreuses victimes innocentes, causée par le bombardement des avions nazis. Lorsqu'il habita Paris pendant la Seconde Guerre mondiale, Picasso rencontra dans son atelier des officiers allemands très intéressés par son travail. Les officiers aperçurent la célèbre peinture "Guernica" et lui demandèrent : "C'est vous qui avez fait ça ?", Picasso répondit :"Non, c'est vous." Très opposé à la guerre, il peint la célèbre Colombe de la paix à l'occasion de son adhésion au Conseil Mondial de la Paix. Il reçoit à ce titre un prix international de la paix en 1955.

Depuis 1985, une reproduction du tableau siège à l'entrée du conseil de sécurité de l'ONU à New York. Elle y a été placée pour rappeler les horreurs de la guerre. Néanmoins, le 5 février 2003, un grand voile bleu recouvrait la puissante œuvre anti-guerre alors que Colin Powell et John Negroponte tentaient de trouver des appuis à la guerre en Irak au Conseil. Selon les diplomates américains, «il serait inapproprié que Collin Powell parle aux médias du monde de la guerre en Irak entre l’image d’un cheval agonisant et d’une mère tenant son enfant mort entre les mains».

Engagement au parti communiste
Après la fin de la Seconde Guerre mondiale, ses tableaux deviennent plus optimistes, plus gais, montrant, comme l'indique le titre d'un tableau de 1946, la Joie de vivre qu'il ressent alors.

Période de Vallauris
Lorsque Picasso visite Vallauris à l'été 1946, il se rend chez Georges et Suzanne Ramié et modèle trois pièces de céramique. Lorsqu'il reviendra l'année suivante, il retrouve ses pièces et débute alors une période intense de production de céramique qu'on estime à près de 4500 pièces. Il s'installera à Vallauris en 1948 avec Françoise Gilot.



 

Les peintres Montmartrois : Vincent Van Gogh


Vincent van Gogh (30 mars 1853 à Zundert - 29 juillet 1890 à Auvers-sur-Oise) est un peintre et dessinateur néerlandais. Son œuvre, presque inconnue à sa mort, annonce le fauvisme et l'expressionnisme.

Biographie
Vincent van Gogh est le fils d'un pasteur calviniste, il naît le 30 mars 1853 à Groot Zundert, un petit village hollandais. Son oncle, qui est associé à la galerie d'art Goupil & Cie, l'y fait entrer en 1869. Il travaille à La Haye, puis à Londres et à Paris, avant son licenciement en 1876. Il se sent alors appelé par une vocation spirituelle et commence des études de théologie qu'il abandonne pour devenir prédicateur laïque. Il obtient une mission évangéliste en Belgique, chez les mineurs du Borinage, dans la région de Mons. Il y devient un prédicateur solidaire des luttes contre le patronat. Accusé d'être un meneur, Vincent Van Gogh échoue mais il gardera l'image de la misère humaine et une partie de son œuvre montre la condition des plus humbles.

Sa traversée du Borinage commença à Pâturages, en 1878. Le jeune homme, âgé de 25 ans, est accueilli par un pasteur qui l'installa chez un colporteur au 39, rue de l'Eglise. Il part ensuite pour Wasmes, dans une maison que très vite, il jugera trop luxueuse et qu'il ne tardera pas de quitter pour une cabane. Il occupe à cette époque un poste d'évangéliste. Il consacre tout aux mineurs et leurs familles. Il va même jusqu'à descendre à 700 mètres dans les fosses. Lors d'un coup de grisou, il sauve un mineur. Mais son occupation ne tarde pas à être désapprouvée, on n'accepte pas sa fonction de prêtre ouvrier et cela le choque. Et de là lui viendra l'idée de s'installer à Cuesmes dans la maison située rue du Pavillon n°3.

Il étudie le dessin à Anvers, se met à l'aquarelle et commence la peinture à l'huile, en 1882. À Nuenem, dans le presbytère paternel, il travaille en extérieur et ses portraits de paysans aboutissent aux Mangeurs de pommes de terre, œuvre majeure qui révèle sa sensibilité inquiète et véhémente. À Anvers de nouveau, il est impressionné par les Rubens et a la révélation des estampes japonaises.

À Paris dans les années 1886 - 1887, il rencontre Camille Pissarro, Henri de Toulouse-Lautrec et Paul Gauguin. C'est une période très fertile où son art s'oriente vers l'impressionnisme mais l'absinthe et la fatigue aggravent son état mental.

Le 2 février 1888, il s'installe à Arles[1] sur les conseils de Toulouse-Lautrec qui lui parle de la luminosité des paysages méridionaux. Bien qu'il arrive dans la cité avec un temps de neige, une nouvelle page de son œuvre va s'ouvrir avec la découverte de la lumière provençale. Il parcourt à pied la région et peint des paysages, des scènes de moissons et des portraits. Au début du mois de juin 1888, ayant reçu un billet de 100 francs de son frère Théodore, il se rend en diligence aux Saintes-Maries-de-la-Mer pour un court séjour de cinq jours. Il y peint la fameuse barque « Amitié » et le village regroupé autour de l'église forteresse.

Parallèlement, Vincent qui habite la « maison jaune », rêve d'une communauté d'artistes unissant fraternellement leurs expériences et leurs recherches : Gauguin vient le rejoindre dans ce but en octobre 1888 et ils commencent à travailler ensemble comme par exemple sur la série de tableaux consacrés aux Alyscamps. Mais les deux hommes s'entendent mal et, à la suite d'une dispute plus violente que les autres, Van Gogh, en proie au délire se mutile l'oreille avant d'aller l'offrir à une prostituée (décembre 1888). Il est soigné par le docteur Rey dont il peint à cette époque le portrait. En mai 1889, il décide alors lui-même d'entrer dans un asile près de Saint-Rémy-de-Provence.

En mai 1890, l'artiste quitte le Midi et rejoint son frère Théo à Paris qui l'installe à Auvers-sur-Oise sous la surveillance du docteur Paul Gachet. Dans ce village proche de la capitale il produit pendant deux mois plus de 70 tableaux.
Le 27 juillet 1890, dans un champ où il peignait une ultime toile, il se tire un coup de revolver dans la poitrine et meurt deux jours plus tard, soutenu par son frère Théo et toujours inconnu du grand public. "Mon travail à moi, j'y risque ma vie, et ma raison y a sombré à moitié..." lit-on dans la dernière lettre (652F) à destination de son frère que Vincent portait sur lui le 29 juillet fatal.

À cette même époque, Zola était critique d'art et Joris-Karl Huysmans se rêvait peintre. En 1885, au moment où paraît Germinal, Van Gogh peint Les Mangeurs de pommes de terre. Passant de ce réalisme sombre au colorisme éclatant des paysages d'Arles, il modèle alors les formes d'une touche fragmentée jusqu'aux volutes intenses.
Le symbolisme, quant à lui, recherchait dans le pouvoir du verbe « l'essence de la poésie c'est-à-dire la poésie pure, celle qui dira comment sont faits l'esprit et le monde en lui révélant la structure idéale de l'univers. (...) le Symbolisme invite la poésie à rejoindre la mystique. » (G. Michaud, Message poétique du Symbolisme, Nizet, 1947).
La quête de Van Gogh est identique, comme il l'écrit à son frère Théo: « Et dans un tableau je voudrais dire quelque chose de consolant comme une musique. Je voudrais peindre des hommes ou des femmes avec ce je ne sais quoi d'éternel, dont autrefois le nimbe était le symbole, et que nous cherchons par le rayonnement même, par la vibration de nos colorations. »
Vincent Van Gogh emprunte et prépare ainsi tous les sentiers de l'art moderne, de l'impressionnisme à l'expressionnisme. Ce peintre mort dans le dénuement n'a vendu qu'une seule toile ; aujourd'hui ses tableaux sont parmi les plus chers du monde.

Liste de ses principaux tableaux
1882 : La plage de Schéveningue
1885 : Les mangeurs de pommes de terre
1887 : Deux tournesols coupés
1887 : Quatre tournesols coupés
1888 : Terrasse du café le soir, Place du forum, Arles
1888 : L'entrée du jardin public à Arles
1888 : Le Pont Langlois
1888 : Quatorze tournesols dans un vase
1888 : La plaine de la Crau avec la ruine de Montmajour
1888 : La mousmé dans le fauteuil
1888 : Le café de nuit, Place Lamartine, Arles
1888 : Le vieux moulin
1888 : Jardin public à Arles le jardin du poète
1888 : Portrait de Joseph Roulin assis
1888 : Les rochers avec chêne
1888 : Autoportrait dédicacé à Paul Gauguin
1888 : Le semeur au soleil couchant
1888 : La chambre de Van Gogh à Arles
1888 : Trois tournesols dans un vase
1888 : Vase avec cinq tournesols
1888 : Vase avec douze tournesols
1888 : Nuit étoilée sur le Rhône
1889 : La Berceuse (Augustine Roulin)
1889 : Joseph-Etienne Roulin
1889 : Autoportrait à l'oreille bandée
1889 : Couloir de l'hospice St Paul
1889 : Cyprès
1889 : Champ aux coquelicots
1889 : Le champ de blé vert
1889 : Iris
1889 : Colline à Saint Remy
1889 : Oliviers avec les Alpilles dans le fond
1889 : Oliviers avec ciel jaune et soleil
1889 : Le surveillant en chef Trabuc de l'Hospice Saint-Paul
1889 : Le ravin « Les Peiroulets »
1889 : Autoportrait
1889 : Autoportrait
1889 : Nuit étoilée (cyprès et village)
1889 : Arbres dans le parc de l'hospice St Paul
1889 : La chambre de Van Gogh à Arles
1889 : Le champ de blé vert avec cyprès
1889 : Paysage avec cyprès et arbres en fleurs
1889 : Vase avec douze tournesols
1889 : Vase avec quinze tournesols
1890 : Branches fleuries d'amandier
1890 : Les premiers pas (d'après Millet)
1890 : L'église d'Auvers-sur-Oise
1890 : Portrait du Dr Gachet avec branche de digitale
1890 : Route avec cyprès et ciel étoile
1890 : L'escalier d'Auvers
1890 : Rue d'Auvers
1890 : Champ de blé aux corbeaux
Autoportrait en bonze
Très productif, Van Gogh n'a jamais hésité à reproduire des œuvres d'artistes majeurs, quitte à se les réapproprier : Jean-François Millet (La nuit, Premiers pas...), Eugène Delacroix (La Pietà), Rembrandt (Résurrection de Lazare).

Galerie :
Arles - Nuit étoilée sur le Rhône (1888, septembre)
Arles - Les Tournesols (1888, juin)
Arles - Terrasse du café le soir, place du Forum (1888, septembre)
Arles - La chambre de Van Gogh à Arles (Trois versions de ce tableau - 1888, 1889)
Arles - Café de nuit (1888)
L'Arlésienne (1888)
Arles - Le pont de Trinquetaille (1888)
Arles - L'entrée du jardin d'été (1888)
Arles - Le vieux moulin (1888)
Barques sur la plage des Saintes-Maries-de-la-Mer (1888, juin)

Saint-Remy - Les iris (1889, mai)

Saint-Remy - Les iris (1889, mai)
Saint-Remy - Nuit étoilée
Oliviers (1889)
Quatre tournesols coupés
Auvers-sur-Oise - Portait du docteur Gachet (1890, juin)
Auvers-sur-Oise - Champ de blé aux corbeaux (1890, juillet)
Auto-portrait
Auto-portrait

Les peinres Montmartrois : Henri de Toulouse-Lautrec

Henri Marie Raymond de Toulouse-Lautrec-Monfa, né le 24 novembre 1864 à Albi et mort le 9 septembre 1901, est un peintre et lithographe français.
Avec beaucoup d'esprit, il aimait à dire : "Je boirai du lait quand les vaches brouteront du raisin."

Biographie
Fils d'Alphonse, comte de Toulouse-Lautrec-Monfa (1838-1913) et d'Adèle Tapié de Celeyran (1841-1930), il grandit au château Malromé.
Henri de Toulouse-Lautrec est né dans l'une des plus vieilles familles de France, descendant en effet en droite ligne des comtes de Toulouse, qui furent jusqu'au XIIIe siècle parmi les plus puissants féodaux du royaume. Cependant, cette branche cadette, malgré son nom illustre,ne vit que comme une famille aisée de l'aristocratie de province.
Au XIXe siècle, les mariages dans la noblesse se faisaient couramment entre cousins afin d'éviter la division des patrimoines et l'amoindrissement de la fortune. Ce fut le cas des parents d'Henri, Alphonse de Toulouse-Lautrec-Monfa et Adèle Tapié de Celeyran, qui étaient cousins au premier degré. Henri était l'aîné ; quatre ans plus tard naquit son frère Richard-Constantine, qui mourut un an après.
L'incompatibilité d'humeur entre les deux époux entraîna leur séparation en 1861 et Henri resta sous la garde de sa mère. Il eut une enfance heureuse jusqu'au moment où, par suite de la consanguinité de ses parents, débuta en 1874 une maladie qui affectait le développement des os, la pycnodysostose . Ses os étaient fragiles et entre mai 1878 et août 1879, il souffrit d'une fracture au fémur à chaque jambe, la gauche puis la droite, qui l'empêchèrent de grandir davantage et ne lui permirent qu'une taille d'1,52 m. On essaya de le guérir au moyen de décharges électriques et en lui plaçant à chaque pied une grande quantité de plomb.
Son tronc était d'une taille normale mais sa tête avait des lèvres et un nez épais. Il bavait et zézayait en parlant. Des yeux noirs achevaient d'en faire un nabot grotesque. Il en jouait, faisait le provocateur dans les salons. Il se fit photographier nu sur la plage de Trouville-sur-Mer en enfant de chœur barbu, ou avec le boa de Jane Avril (dit « mélinite »), tout en étant très conscient du malaise que son exhibitionnisme suscitait.
En juillet 1881 Henri échoue au baccalauréat à Paris, mais est reçu à Toulouse à la session d'octobre. C'est alors qu'il décida de devenir artiste. Soutenu par son oncle Charles et René Princeteau, ami de son père et peintre animalier, il finit par convaincre sa mère. De retour à Paris, il rend visite à René Princeteau, dans son atelier au 233, de la rue du Faubourg-Saint-Honoré.
Incapable de participer aux activités qu’un corps normal aurait permises, Toulouse-Lautrec vécut pour son art. Il devint un peintre du post-impressionnisme, un illustrateur de l’Art nouveau et un remarquable lithographiste ; il a croqué le mode de vie de la Bohème parisienne à la fin du XIXe siècle. Au milieu des années 1890, il a contribué par des illustrations au magasin humoristique Le Rire.
On le considérait comme « l’âme de Montmartre », le quartier parisien où il habitait. Ses peintures dépeignent la vie au Moulin Rouge et dans d’autres cabarets et théâtres montmartrois ou parisiens, ainsi que dans les maisons closes qu’il fréquentait (et où peut-être il contracta la syphilis). Deux des femmes bien connues qu’il a représentées étaient la chanteuse Yvette Guilbert, et Louise Weber, plus connue comme La Goulue, danseuse excentrique qui créa le « cancan ».
Toulouse-Lautrec donnait des cours de peinture, et il encouragea les efforts de Suzanne Valadon, un de ses modèles qui fut probablement sa maîtresse.
Alcoolique pendant la plus grande partie de sa vie d’adulte, il entra dans un sanatorium peu avant sa mort à Malromé, la propriété familiale, à la suite de complications dues à l’alcoolisme et à la syphilis, à près de 37 ans. Il est enterré à Verdelais (Gironde) à quelques kilomètres de son lieu de naissance.
Ses derniers mots furent « Vieil imbécile ! » adressés à son père qui était présent au moment de sa mort ; il aurait dit aussi, faisant allusion aux goûts de cet aristocrate fantasque et passionné de chasse : « Je savais que vous ne manqueriez pas l'hallali ».
Après la mort de Toulouse-Lautrec, sa mère ainsi que Maurice Joyant, son marchand de tableaux, voulurent mettre en valeur son œuvre, la comtesse de Toulouse-Lautrec donna les fonds pour qu’un musée fût construit à Albi, ville où naquit l'artiste.
On dit que Toulouse-Lautrec est un artiste génial dont les remarquables capacités d’observation se sont accompagnées d’une sympathie profonde envers l’humanité. Il n’a jamais laissé voir quelque regret que ce fût en raison de sa difformité. Il vécut sa vie pleinement, se fit de nombreux amis et fut toujours accepté malgré sa taille étriquée.
Jusqu’en 2005, la vente de ses peintures n’a pas produit moins de 14.5 millions de dollars américains.
Son rôle est joué par John Leguizamo dans le film Moulin Rouge.

Son art
Malgré une vie courte et marquée par la maladie, l’œuvre du peintre fut très vaste : le catalogue pratiquement complet de ses œuvres publié en 1971 énumère 737 peintures, 275 aquarelles, 369 lithographies (y compris les affiches) et environ 5 000 dessins.
Dans sa jeunesse les chevaux constituaient pour lui un sujet habituel. Depuis l’enfance il aimait l’équitation et devoir y renoncer à cause de sa maladie fut pour lui quelque chose de très douloureux, et c’est pourquoi il décida de continuer à faire vivre dans ses œuvres sa passion pour les chevaux.
Au début de sa carrière il peignit quelques nus masculins comme exercices, mais ses meilleurs nus représentent des femmes. En général il préférait partir d’ébauches, mais beaucoup de ses nus doivent avoir été faits d’après nature. D’habitude ses modèles ne sont pas de belles jeunes filles, mais des femmes qui commencent à vieillir. Pour peindre ce genre de tableaux il s’inspirait d’Edgar Degas.
Il ne cessait de dessiner : quelques dessins sont des œuvres en eux-mêmes, mais beaucoup sont des ébauches pour des peintures ou des lithographies. Quelquefois ses dessins ressemblaient à des caricatures qui, en quelques traits, rendaient un geste ou une expression ; pour les réaliser il employait divers moyens (crayon, encre, pastel et fusain).
N’ayant pas besoin d’exécuter des œuvres sur commande, Lautrec choisissait des sujets qu'il connaissait bien ou des visages qui l’intéressaient et, comme il fréquentait des gens de toute sorte, ses tableaux couvrent une vaste gamme de classes sociales : nobles et artistes, écrivains et sportifs, médecins, infirmières et figures pittoresques de Montmartre. Beaucoup de ses tableaux montrent des prostituées parce qu’il les considérait comme des modèles idéaux pour la spontanéité avec laquelle elles savaient se mouvoir, qu’elles fussent nues ou à moitié habillées. Il peignait leur vie avec curiosité, mais sans moralisme ni sentimentalisme et, surtout, sans chercher à leur attribuer le moindre caractère fascinant.

Peintures

Monsieur Boileau, (1893)
Maxime Dethomas, (1896)
Au Moulin de la Galette (1889)
Bal au Moulin Rouge, (1890)
Au Moulin Rouge , (1892)
Salon Rue des Moulins, (1894)
Monsieur Louis Pascal
Femme à sa toilette

Affiches
Moulin Rouge, La Goulue, (1891)
La troupe de Mlle Eglantine
Aristide Bruant
Jane Avril


14.01.2007

Paul Cézanne

Cliquer pour agrandirPaul Cézanne
Naissance : Aix-en-Provence, 1839 - Décès : Aix-en-Provence, 1906
Post-Impressionnistes

Cézanne ne connaîtra la célébrité qu'en 1904, lors de la rétrospective que lui consacre le Salon d'automne. Son influence sera déterminante pour de nombreux artistes du XXème siècle, notamment les cubistes.

De formation humaniste et classique, Cézanne étudiera au collège Bourbon en 1852 où il se liera d'amitié avec Emile Zola. Il fréquentera également l'Ecole de Dessin d'Aix et manifestera très tôt une passion pour les lettres, la poésie et la musique, notamment celle de Wagner. On le retrouvera dans un orchestre dans lequel Zola sera flûtiste.

La peinture l'emportera. Cézanne s'inscrira à l'Académie Suisse de Paris, où il rencontrera Pissarro, après avoir abandonné ses études de droit. Son échec au concours d'entrée à l'Ecole des Beaux-Arts sapera sa confiance. Il retournera à Aix et travaillera dans la banque de son père, tout en reprenant ses études de dessin. Cet intermède sera de courte durée. Cézanne retrouvera Pissarro à l'Académie Suisse de Paris et fera la connaissance de Renoir, Monet et Sisley.

Sa visite au Salon des Refusés en compagnie de Zola, en 1863, lui permettra d'apprécier le talent de Manet. Courbet et Delacroix n'en demeureront pas moins ses références. Zola dira, à propos de la jeunesse de Cézanne, qu'il "était gangrené par le Romantisme qui germait en lui". Ce dernier rencontrera Hortense Friquet qui deviendra sa maîtresse et l'un de ses modèles, lui donnera un fils en 1872, et qu'il épousera en 1886.

La guerre de 1870 le conduira dans un village au bord de la mer, l'Estaque, qu'il décrira ainsi quelques années plus tard à Pissarro : "Des toits rouges sur la mer bleue... Le soleil est si effrayant qu'il me semble que les objets s'enlèvent en silhouette non pas seulement en blanc ou noir, mais en bleu, en rouge, en brun, en violet".

Le couple s'installera à Pontoise, puis à Auvers-sur-Oise. Cézanne y rencontrera le docteur Gachet, qui collectionnera ses oeuvres, et peindra en plein-air en compagnie de Camille Pissarro. Il exposera la Maison du pendu à la première exposition des Impressionnistes, chez le photographe Nadar, en 1874. L'oeuvre suscitera de vives critiques, ainsi qu'une Moderne Olympia. Cézanne se démarquera alors nettement des Impressionnistes s'abstiendra d'exposer ses oeuvres à leur deuxième Salon en 1876. Il abordera sa période constructive qui le conduira à peindre le même sujet à répétition, jusqu'à aboutir à une abstraction presque totale.

Présent à l'exposition des Impressionnistes en 1877, le peintre suscitera les termes élogieux suivants de son ami Emile Zola :

"Je citerai ensuite M. Paul Cézanne, qui est à coup sûr le plus grand coloriste du groupe. Il y a de lui, à l'exposition, des paysages de Provence du plus beau caractère. Les toiles si fortes et si vécues de ce peintre peuvent faire sourire les bourgeois, elles n'en indiquent pas moins les éléments d'un très grand peintre. Le jour où M. Paul Cézanne se possédera tout entier, il produira des oeuvres tout à fait supérieures. "

Cherchant son inspiration dans les paysages, le peintre sera admis au Salon de 1882 où il fera scandale. Il se brouillera avec Zola qui intégrera dans l'Oeuvre, un roman publié en 1886, un peintre révolutionnaire mais impuissant du nom de Claude Lantier qui se suicidera du fait de son échec. Le décès du père de Cézanne, la même année, lui laissera un important héritage qui le mettra à l'abri du besoin jusqu'à la fin de ses jours. Installé à Aix-en-Provence, le peintre travaillera dans les environs de la montagne Sainte-Victoire. Il s'exprimera au moyen de la couleur et de la cohésion des formes et ne cessera de poursuivre ses efforts dans la recherche de solidité, d'immobilité, de gravité.

Paysages, natures mortes, baigneuses, portraits, seront traités par Cézanne avec la même rigueur. Il construira ses oeuvres en étudiant les rapprochements de couleurs, les lumières, les ombres, afin de construire des oeuvres fidèles à sa pensée. La dernière période de Cézanne, dite synthétique, poussera à l'extrême la géométrisation des formes et "traitera la nature par le cylindre, la sphère, le cône".

Paul Cézanne dira : "peindre signifie penser avec un pinceau".

La galerie Vollard lui consacrera deux expositions personnelles, en 1895 et en 1898. Les Expositions Universelles de 1889 et de 1900, à Paris, présenteront certaines de ses oeuvres. Cézanne écrira le 23 octobre 1905 à Emile Bernard :

"Or, vieux, soixante-dix ans environ, les sensations colorantes qui donnent la lumière sont chez moi cause d'abstractions qui ne me permettent pas de couvrir ma toile, ni de poursuivre la délimitation des objets quand les points de contact sont tenus, délicats ; d'où il ressort que mon image ou tableau est incomplète. D'un autre côté les plans tombent les uns sur les autres, d'où est sorti le néo-impressionnisme qui circonscrit les contours d'un trait noir, défaut qu'il faut combattre à toute force".

Surpris par un orage dans la campagne aixoise le 15 octobre 1906, Cézanne décédera une semaine plus tard.

Les fauves, défenseurs de la couleur pure, et les cubistes s'inscriront en héritiers du défunt. Braque et Picasso seront les dignes successeurs de la période synthétique de Cézanne. L'oeuvre figurative de l'artiste aura également une grande influence sur la peinture abstraite. Picasso, évoquant l'influence de Cézanne à partir de 1906, indiquera : "Je comprenais que la peinture avait une valeur intrinsèque, indépendamment de la représentation des objets".


Nature morte avec pommes
 

 
 
Le vase de tulipes
 

 
Rideau, cruche et bol de fruits

Copie de divers21

13.01.2007

La Joconde

Le sourire mythique de la Joconde

Le Louvre est le plus riche musée artistique du monde.

Parmi tant de chefs-d’œuvre exposés dans ses salles, une place de choix est réservée à la Joconde.

Peinte par le grand maître italien Léonard de Vinci vers l’an 1500, la célèbre Mona Lisa garde dans son sourire quelque chose du mystère de son origine.

Le sourire de Mona Lisa Del Joconda est mystérieux mais il est loin d’être à l’abri des regards.

" Cover-girl " universelle, Mona est devenue la plus médiatisée des œuvres d’art, support médiatique utilisé à des fins ludiques, triviales ou commerciales à un degré que Léonard n’aurait jamais pu imaginer.

Mona Lisa : célébrité hypertrophiée

Lors de sa création, Mona Lisa ne fut pas l’objet de l’attention générale. Elle n’eut aucune reconnaissance du vivant de Léonard de Vinci.

Elle demeura même cachée dans l’atelier du peintre jusqu’à la mort de ce dernier. En fait, la Joconde fut quatre siècles dans l’ombre.

La célébrité hypertrophiée de l’œuvre de Léonard de Vinci débuta lorsque les maîtres à penser du Romantisme la portèrent aux nues en la divinisant, presque. Si les qualités artistiques du coup de pinceau et des techniques artistiques de Vinci sont irréfutables, il n’en reste pas moins que Mona Lisa dépasse en célébrité toutes les autres toiles du maître.

Conservé précieusement jusqu'à la mort de Vinci par lui-même, il est dit que ce tableau revêtait pour lui une signification particulière. Sans connaître cette signification nous lui avons nous-même redonné une importance toute particulière.

Certains historiens de l’art expliquent son sourire énigmatique par la théorie que de Vinci aurait peint son propre autoportrait camouflé en portrait d’une femme imaginaire.

Le fait que le tableau devait être une commande mais que le peintre l’ait conservé justifierait cette thèse.

Certains affirment aussi qu’à travers la ligne formée par la rencontre des lèvres de la Mona Lisa se camoufle en fait un dos d’homme nu, de Vinci reconnu comme étant homosexuel. La Joconde est donc définitivement singulière.

Reconnue de valeur " inestimable " lors de son vol en 1911, la Joconde n’a pas de " valeur " puisqu’elle ne fut jamais vendue.

Elle passa directement des biens de Léonard de Vinci au musée du Louvre de Paris.

 

Cover-girl internationale : la " Jocondomania " est née

Un tel excès de culte voué à Mona Lisa entraîna évidemment une désacralisation de l’œuvre à laquelle on assista dans les temps plus modernes. L’irrévérence provocatrice débuta en 1919 avec le fameux " L.H.O.O.Q. " de Duchamp qui fit grand éclat.

L’acte le plus iconoclaste fut sans doute de réduire la Joconde à n’être qu’un " objet comme les autres ", suivant le propos de Fernand Léger en 1930. À force de vulgarisation, la Joconde figure aujourd’hui en bonne place au Panthéon de la mythologie moderne, parmi des personnages réels ou imaginaires : entre Marilyn et Mickey, Einstein et Charlie, Dali et Tintin…

Mona orne les couvertures de livres et de magazines, symbolisant la femme éternelle ou la quintessence de l’Italie, servant aussi d’icône parisien, étant un monument incontournable de la ville des Lumières.

La Joconde est aussi abondamment utilisée dans les dessins de presse humoristiques ou satiriques. Personnification de l’ambiguïté et de la duplicité, elle sied à la caricature des politiciens au pouvoir ou en puissance, sa célébrité la rendant facile à dépayser et à présenter hors contexte.

Facile à mettre en situation insolite ou comique suivant l’exemple de Duchamp, c’est une ressource intarissable pour les caricaturistes et les illustrateurs.

Cette prolifération d’emplois de la Joconde matérialisés par des milliers d’images ont suscité la " Jocondomania ". Médiatisée et médiatique, la Joconde demeure icône immortelle, dotée aujourd’hui de vertus ludiques et récréatives.

 

" Un objet comme les autres "

Fernand Léger avait raison lorsqu’il affirma que la Joconde n’ est qu’ "un objet comme les autres". Notre société a tendance à confondre image et réalité.

Ainsi, la toile de la Joconde a la même valeur intrinsèque que n’importe quelle autre toile peinte à son époque. Conservée sous verre et entourée de gardiens de sécurité, la Joconde est fragile et vulnérable, au contraire de son image.

C’est sa valeur médiatique qui est grande et ainsi démesurée par rapport à sa valeur réelle, ou intrinsèque. C’est à ce moment qu’il y a mythification.

Comme l’a affirmé le philosophe de l’esthétique Adorno dès 1970, " les œuvres les plus célèbres des maîtres les plus connus sont les fétiches de la société de marchandise ". Et comme l’affirme Barthes, " la fonction du mythe, c’est d’évacuer le réel ". Observant ainsi le mythe de la Joconde, si nous le voyons sans l’appellation " mythe " collé dessus, nous oublierons le côté réel des choses, cet esprit rationnel nous faisant si souvent défaut.

Le réel sera donc invisible à nos yeux et, observant la Joconde nous ne verrons non pas une peinture âgée et en décomposition mais bien " la plus belle image au monde " ou le " chef-d’œuvre de la Renaissance ".

 

Analyse du mythe médiatique

Selon Louis Althusser, l'idéologie représente le rapport imaginaire des individus à leurs conditions d'existence. Cette idéologie a une existence matérielle.

En ce sens, selon la perspective philosophique marxiste d'Althusser, cette théorie rejoint les propos de Fernand Léger - penseur ayant adhéré, lui aussi, à la théorie esthétique marxiste - à propos de la Joconde et de son créateur où l'idéologie dans ce cas est traduite par l'aliénation de la société se nourrissant du mythe comme d'un idéal réel.

Le signifiant engouffre les signifiés. La Joconde est synonyme de perfection, de maîtrise artistique parfaite; les victimes du mythe ne voient pas la vieille toile décrépite, de format minime. Le mythe de la Joconde correspond de plus aux principales figures de rhétorique du mythe bourgeois tel que proposé chez Barthes.

Ainsi, le mythe de la Joconde prive l'objet de toute histoire, le réel est réduit à des analogues puis, finalement, il disparaît pour faire place à Mona Lisa, la femme parfaite éternelle.

12.01.2007

Claude Monet : ses oeuvres : Les Iris jaunes

Monet Yellow Irises

"Je vous aime parce que vous êtes vous, et que vous m'avez appris à comprendre la lumière. Vous m'avez ainsi augmenté. Tout mon regret est de ne pouvoir vous le rendre. Peignez, peignez toujours, jusqu'à ce que la toile en crève. Mes yeux ont besoin de votre couleur et mon coeur est heureux de vous."

Georges Clemenceau

Claude Monet : ses oeuvres : Les Nymphéas

water-lily by monet

 

"Le nuage qui passe, la brise qui fraîchit, le grain qui menace et qui tombe, le vent qui souffle et s'abat brusquement, la lumière qui décroît et qui renaît, autant de causes, insaisissables pour l'oeil des profanes, qui transforment la teinte et défigurent les plans d'eau."

Claude Monet

Claude Monet : ses oeuvres

Water Lily pond by Claude Monet

 

"On m'apporte les toiles les unes après les autres.

Dans l'atmosphère, une couleur réapparaît qu'hier j'avais trouvée et esquissée sur une de ces toiles.

Vite on me passe ce tableau et je cherche autant que possible à fixer définitivement cette vision.

Mais en général elle disparaît aussi rapidement qu'elle a surgi pour faire place à une autre couleur déjà posée depuis plusieurs jours sur une autre étude que l'on met instantanément devant moi... Et comme cela toute la journée."

 

Claude Monet

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