15.01.2008

Quelques expressions .....

"Mentir comme un arracheur de dents"



 

Signification

 

Mentir sans scrupule.



 

Origine

 

Cette expression du XVIIe siècle fait référence aux dentistes qui, autrefois, offraient leurs services sur les places publiques et dans les foires, affirmant que le patient ne souffrirait pas. On l’utilise toujours pour parler d’une personne qui ment sans aucun scrupule.



 

"Marcher sur les plates bandes"


 


 

Signification

 

Empiéter sur le terrain de quelqu'un.



 

Origine

 

Dans un jardin, une plate-bande est une bande de terre rectangulaire plantée de fleurs et toujours bien délimitée. Ainsi, on ne peut marcher dessus sans s'en rendre compte. "Marcher sur les plates-bandes de quelqu'un" signifie que l'on cherche à se montrer supérieur dans un domaine qui n'est pas le nôtre, pour faire du tort à une personne.



 

"Faire la grasse matinée"


 


 

Signification

 

Dormir jusqu’à tard dans la matinée.



 

Origine

 

Cette expression date du XXe siècle. Toutefois, au XVIe déjà on disait "dormir la grasse matinée". L’adjectif "gras" est issu du latin "crassus" qui signifie "épais". "Faire la grasse matinée" signifierait donc "rester longtemps dans l’épaisseur du sommeil". Mais cela évoque également la paresse, le côté "mœlleux" du sommeil, ainsi que le fait que l’inactivité de la grasse matinée puisse faire grossir.


"Ne pas être sorti de l'auberge"


 


 

Signification

 

Avoir encore beaucoup d'ennuis à affronter.



 

Origine

 

En argot, le mot "auberge" signifie "prison". Cette expression signifie donc que l'on va encore devoir passer un temps très long dans une "prison" (matérielle ou affective), donc dans les ennuis.


"Rentrer bredouille"


 


 

Signification

 

Ne pas obtenir ce qu'on veut.



 

Origine

 

Du XIIe au XIXe siècle, le jeu de "trictrac" était très en vogue. Il se jouait à deux personnes, chacune ayant deux dés et quinze dames. Le but était de gagner douze trous. Lorsqu'un joueur gagnait tous les trous sans même que son adversaire ait le temps de jeter ses dés, on disait qu'il "jouait bredouille". "Etre mis en bredouille" signifiait donc que l'on n'avait rien gagné du tout. L'expression a ensuite pris le sens d'"être ivre", puis "ne pas avoir été invitée à danser" lors d'un bal pour les femmes, et enfin, au XIXe siècle, elle s'est appliquée au domaine de la chasse et a pris le sens de "rentrer sans gibier". Aujourd'hui, elle sous-entend que l'on n'a pas obtenu ce que l'on cherchait.


"J'en mettrais ma tête à couper"


 


 

Signification

 

J'en suis certain(e).



 

Origine

 

Au Moyen Age, lorsque les enquêtes concernant la culpabilité d'une personne s'annonçaient longues et fastidieuses, on préférait soumettre les accusés à une épreuve appelée le "jugement de Dieu". Celle-ci existait de différentes manières. Il pouvait s'agir de tournois, de duels, mais également d'autres formes d'épreuves beaucoup plus radicales. On attachait parfois un accusé par les poignets et par les chevilles et on le jetait dans l'eau. Si son corps flottait, c'est qu'il était coupable. Il pouvait également s'agir de tenir dans ses mains une barre de fer sortant des braises ou encore de laisser sa main dans les flammes. Si elle en ressortait indemne, cela signifiait que l'on était innocent. "Mettre sa tête à couper" est donc une référence à ce "jugement de Dieu", et on l'emploie lorsque l'on cherche à convaincre une personne que l'on a raison.



30.12.2007

De l'indulgence ...

Dans nos relations avec la société, une des vertus les plus utiles est l'indulgence. Se montrer sévère, c'est oublier de combien de qualités on est dépourvu, et de combien de fautes on ne fut préservé que par le hasard ; c'est oublier la faiblesse des hommes et l'empire qu'exercent sur eux les objets dont ils sont entourés. Pour rendre à nos semblables une exacte justice, il faudrait connaître tous les secours et tous les obstacles qu'ils ont rencontrés : en jugeant ainsi, que d'actions célèbres deviendraient moins étonnantes, et que de fautes on se reprocherait d'avoir jugées avec trop de rigueur !

C'est de l'indulgence qu'on apprend l'heureux secret d'être bien avec soi-même, et bien avec les hommes. Quelques-uns portent dans le monde une hostile franchise : on les redoute, et les contrariétés qu'ils éprouvent accroissent chaque jour leur brusquerie fatigante et leur rudesse importune. D'autres, ne rougissant d'aucune complaisance, souples et faux, sourient à ce qui leur déplaît, louent ce qu'ils trouvent ridicule, applaudissent ce qu'ils savent être lâche. Soyez indulgent, vous ne sacrifierez jamais l'estime de vous-même, et, loin de vous nuire, la franchise rendra votre affabilité plus aimable.

Pour assombrir la vie, il suffirait de trop arrêter ses regards sur les vices et les travers des hommes. La vertu que je préconise porte avec elle sa récompense, en nous faisant voir nos semblables tels à peu près qu'ils devraient être.

De prétendus moralistes se plaisent à blâmer l'indulgence ; si nous voulons les croire, elle encourage les vices, flatte les passions, enhardit leurs désordres. N'adoptons point ces tristes idées : que notre indulgence courageuse s'étende même aux infortunés victimes de graves erreurs. Assez d'autres prendront le soin de les accuser ; prenons pour nous celui de leur tendre une main bienveillante. Pour ramener les esprits égarés, croyons au repentir, et portons l'espérance dans le coeur du coupable !

Nés au milieu des discordes civiles, loin d'agir ainsi, nous ne savons pas même tolérer les simples opinions qui s'éloignent des nôtres. Eh ! considérons la faiblesse, l'inanité de nos jugements. Vous dites : Cet homme pense bien ; qu'on traduise ces mots, ils signifient : Cet homme pense comme moi.

Que d'opinions imposées à la faiblesse par le hasard ! N... sert avec activité un des partis qui nous divisent : jamais il n'a fait le plus léger examen des opinions entre lesquelles nous devons choisir ; il est incapable de se conduire lui-même, il ne peut que suivre fidèlement une impulsion donnée, et son tuteur a disposé de lui. S'il fût né dans telle maison, voisine de la sienne, son activité servirait aujourd'hui les idées opposées à ce qu'il appelle ses principes, qui lui sont si chers et dont il est si fier. [...]

Telle idée qui d'abord nous a paru vraie, nous semble aujourd'hui fausse ; et peut-être reviendrons-nous à notre premier jugement : accordons à nos adversaires le droit de se tromper, dont nous usons fréquemment pour nous-mêmes. Allons plus loin ; aimons à publier ce que nous savons être honorable dans la conduite des hommes dont nous ne partageons pas les opinions ; c'est un moyen de rapprocher les esprits, de répandre des idées de justice et des sentiments de modération. Au milieu des guerres intestines, rappelons souvent que des erreurs en politique, en religion, peuvent laisser subsister de grandes qualités du coeur.


Avant de juger...

C'est tellement facile de trouver ce qui ne fonctionne pas
dans la vie des autres.

Nous nous disons souvent :
"Si j'étais à sa place,
je ferais telle chose, telle chose, telle chose !"

Mais avons-nous déjà pensé
que si nous étions réellement à la place de l'autre personne,
vraiment dans ses souliers,
nous serions alors aux prises avec ses émotions,
ses préjugés, ses réactions, ses inquiétudes,
ses ambitions, ses objectifs, ses inhibitions,
ses instincts, bref,
nous aurions son passé,
son présent et son avenir
et il est fort probable que nous agirions
exactement de la même façon qu'elle ?

Avant de condamner quelqu'un,
essayons non seulement de le comprendre,
mais de vibrer au même diapason que lui
et nous constaterons alors
que nos émotions ressemblent aux siennes.