01/03/2008

Les fêtes de Pâques, traditions ...

paques

Allemand Sub-rhénan - Paisken

Danois - Paaske

Écossais - Pask

Espagnol - Pascua

Grec - pasxa

Irlandais - Cáisc

Italien - Pasqua

Latin - Pascha ou Festa Paschalia

Néerlandais - Pasen

Roumain - Pasti

Suédois - Påsk

Portugais - Páscoa


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Pâque au singulier désigne la fête juive. Pâques au pluriel désigne la fête chrétienne. Elle nous arrive comme une bouffée de printemps et marque le retour des semailles, la naissance des agneaux. Dans le Sud-Ouest de la France, nous raconte Alain Dutournier, "on ne commençait à manger l'agneau de lait que le Jour de Pâques. Le matin on mangeait l'omelette avec les petits poissons des ruisseaux et puis, le midi, c'était l'agneau rôti avec la salade de cresson de fontaine qu'on allait chercher". Mais, si vous parlez de l'agneau pascal en Alsace, on vous donnera l'adresse de la meilleure boulangerie de la ville car ici, c'est le terme employé pour un biscuit en forme d'agneau.

Si le jour de Pâques commémore pour toute la chrétienté la résurrection du Christ le premier dimanche après la pleine lune qui suit l'équinoxe de printemps, période comprise entre le 22 mars et le 25 avril, pour les gourmands, cela signifie la fête du chocolat, des oeufs peints et des grandes tablées en famille.


Joyeuses Pâques d'Allemagne ou Frohe Ostern!

De toutes les traditions qui ont traversé le temps, l'œuf demeure le symbole le plus tangible. L'œuf cuit dur peint de vibrantes couleurs représente le soleil du printemps. On en offrait à chaque enfant… mais de nos jours, les petits Allemands préfèrent la version chocolatée.

Quant au lapin de Pâques, dont on retrouve la trace manuscrite au XVIe siècle, il représentait la fertilité du sol. Les enfants croient que s'ils sont bien sages, la Osterhase, ou lapin de Pâques, laissera quelque part dans la maison un petit nid rempli d'œufs colorés. Le premier lapin de chocolat comestible remonte au début des années 1800. Il était fait en pâte sucrée.

Chaque région a ses petites particularités. Si les oeufs de Pâques sont apportés par des lapins, ce petit rongeur est parfois remplacé par son homonyme sauvage, le lièvre. La poule souvent associée à Pâques se retrouve au Tyrol et dans la région de Hanovre (coucou) mais ne soyez pas surpris, de découvrir des coqs si vous passez en Bavière… et des renards en Thuringe et en Westphalie.

L'arbre de Pâques (Osterstrauch) a longtemps fait partie de la tradition - un arbre sans feuilles, ou des ceps de vigne garnis d'œufs suspendus par des rubans.

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Pâques commence le Jeudi Saint (Gründonnerstag). C'est la journée des " plats verts ". On retrouve au menu la soupe aux sept herbes comprenant des épinards, du persil, du vert de poireau, de la ciboulette, de l'oseille, du cresson et des pissenlits. Son nom est dérivé de greinen, un terme ancien germanique qui signifie " se mourir " ou " pleurer ".

Le Vendredi Saint (Karfreitag), on mange du poisson en famille. Le dimanche de Pâques, c'est le gigot; l'agneau (signifiant l'innocence et l'humilité. Mais la tradition ne s'arrête pas là. Puisqu'on a acheté des bouquets d'herbes pour la préparation du repas du Jeudi Saint, il en reste toujours un peu. Alors on confectionne les Eier in gruener Sosse ou les oeufs en sauce verte.

Si vous parlez de l'agneau pascal en Alsace, on vous donnera l'adresse de la meilleure boulangerie de la ville car il désigne l'Oschterlammele, un biscuit en forme d'agneau décoré d'un étendard, rappelant qu'autrefois on mangeait, et ce jusqu'à la fin du XIXe siècle, de l'agneau le dimanche de Pâques.

La transition s'est faite graduellement. Du bel agneau à l'os, on a commencé à servir un agneau en brioche et c'est, de cette dernière coutume, que découle la petite histoire de ce biscuit en forme d'agneau saupoudré de sucre glace, un exemple parmi d'autres d'une pâtisserie qui s'impose au XIXe siècle dans tous les foyers bourgeois et paysans grâce à l'abondance du sucre, de la farine et du beurre. Les oschterlämmele sont traditionnellement cuits dans des moules de terre cuite dont ils gardent le subtil parfum.

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Pâques en Alsace

En Alsace, le lièvre, ce fertile reproducteur, compagnon de la lune revient à Pâques sous de multiples formes. C'est lui qui cache, dit-on aux enfants, les oeufs en chocolat dans les jardins. Il se transforme en civet sur la table au midi de Pâques.

Si vous parlez de l'agneau pascal en Alsace, on vous donnera l'adresse de la meilleure boulangerie de la ville car il désigne l'Oschterlammele, un biscuit en forme d'agneau décoré d'un étendard, rappelant qu'autrefois on mangeait, et ce jusqu'à la fin du XIXe siècle, de l'agneau le dimanche de Pâques.

La transition s'est faite graduellement. Du bel agneau à l'os, on a commencé à servir un agneau en brioche et c'est, de cette dernière coutume, que découle la petite histoire de ce biscuit en forme d'agneau saupoudré de sucre glace, un exemple parmi d'autres d'une pâtisserie qui s'impose au XIXe siècle dans tous les foyers bourgeois et paysans grâce à l'abondance du sucre, de la farine et du beurre. Les oschterlämmele sont traditionnellement cuits dans des moules de terre cuite dont ils gardent le subtil parfum.

 


Tout commence par le dimanche DES RAMEAUX

Les rameaux sont faits de différents brins verts ou bourgeonnants (des chatons de saule, des branches de genièvre, de buis, de pervenche…). Dans certaines régions, ils sont décorés de pommes, d'orange, de noix, d'œufs colorés, de bretzels, de fleurs artificielles, de petites couronnes et de rubans multicolores…

- A Innsbruck, les rameaux sont hauts de 3 à 5 m, ornés de buis, de lierre, de bretzels et de pommes et couronnés par une
branche d'olivier ; à Thaur et à Solbad Hall (Tyrol), ils dépassent les toits des maisons. A Kundl, ils atteignent 10 à 12 m.

Les rameaux sont les descendants de l'arbre de vie, une légende magique des temps anciens (tout comme l'arbre de mai et les barres des splendeurs) et symbole d'une force vitale éternelle.

Quand les lapins pondent des oeufs de Pâques...

Cette phrase n'est pas le début d'un conte de fée, mais une charmante tradition qui émerveille tous les enfants d'Autriche le dimanche de Pâques.

Concurrents directs de Saint Nicolas, les lapins ont le pouvoir magique de déposer leurs œufs joliment décorés dans le jardin, au fond d'un panier tapissé de mousse, ou d'en faire un véritable arbre de Pâques multicolore.
Saviez-vous que l'œuf, petite merveille de la nature, a toujours été associé aux rites et aux traditions ? Symbole de vie (comme notre ami le lapin, bien connu pour ses talents de reproducteurs) et parfaite image du printemps, sa forme idéale en faisait déjà un cadeau en Grèce puis en Egypte. La Chine, le Cachemire et toute l’Europe Centrale n'ont pas échappé à cette fascination.
Au Moyen Age, on consommait beaucoup d'œufs. Comme dans la Rome antique, on écrasait la coquille dans son assiette pour empêcher que des esprits maléfiques ne s'y cachent. Considéré comme une nourriture "grasse", l'œuf était interdit pendant le Carême. Béni le Samedi Saint, il réapparaissait en force le dimanche de Pâques.

Pour le bonheur de tous, pourquoi ne pas vous amuser vous aussi, à décorer des œufs de Pâques? Qu'ils soient durs ou fourrés au chocolat, vous pourrez y coller des décalcomanies ou y écrire au crayon gras les prénoms de ceux que vous aimez. Ou les orner de feutrine de couleur et de plumes. Ou encore les envelopper de galons ou de colliers de bonbons. Ou enfin, les parer (il faut alors les vider) de gouaches joyeuses ou les pulvériser d'or ou d'argent.
Bon compagnon, le lapin de Pâques s'adapte à toutes les situations. Si vous avez un jardin, il y retrouvera son élément naturel favori. Mais le lapin citadin s'accommodera aussi d'une plante verte, de quelques fleurs printanières, ou d'une table de fête...

Pour célébrer Pâques comme en Autriche, en route pour le monde de l’œuf...

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Pâques en Corse

Superstitieux, les Corses apportent toujours le Jeudi Saint quelques châtaignes dans leur poche. Une fois bénite, par simple contact, la maladie partira aussi rapidement qu'elle est venue.

Anis, pastis et cabri en Corse
Les Jeudi et Vendredi Saints, dans toute la Corse, les pénitents défilent en procession, pieds nus, coiffés de cagoule. Les paysannes les suivent tout au long du chemin de croix et en profitent pour ramasser des branches de romarin qui viendront parfumer la soupe de pois chiche à l'ail et aux lasagnes ou le ragoût de morue aux haricots blancs que l'on sert traditionnellement au menu du Vendredi Saint. À Bonifacio, c'est l'occasion de manger de la fougasse, des gâteaux secs parfumés au pastis et au vin blanc.

Le jour de Pâques, point d'agneau, encore moins de jambon mais au beau cabri bien tendre rôti au four. Au dessert, c'est l'incontournable campanile, un pain sucré en forme de couronne, parfumé à l'anis et à l'eau-de-vie. On glisse des oeufs cuits durs entiers dans la pâte avant de le faire cuire, un peu sous le principe du Tsoureki grec. Plus petit, on dépose un seul oeuf au centre et le pain prend nom de cacavellu.

À Sartène, où les maisons-forteresses s'accrochent à la roche, la procession du Catenaccio se déroule dans la nuit du Vendredi Saint où un pénitent, chaîne aux pieds, croix sur l'épaule, refait le chemin du Golgotha. Dans ce Sartenais pittoresque s'étend le plateau de Cuscione, haut refuge des bergers qui fabriquent le brocciu. Il n'en fallait pas davantage pour que ce fromage viennent farcir de petits chaussons. Il y a aussi les migheches au pastis, les petites couronnes canestres, une boulangerie délicieuse pour accueillir le curé du village lorsqu'il viendra bénir la maison.

Toujours en Corse... La tradition de la morue de Pâques
Pour Pâques, chaque famille catholique prépare son plat de morue; c'est une tradition séculaire. En effet, le cabillaud salé et séché, la morue, était le seul poisson à pouvoir parvenir jusqu'au centre de l'île sans risquer de s'abîmer. La population lui est restée fidèle, même si sous la domination des Génois, seule une morue de qualité médiocre était importée dans l'île. Cette réalité historique survit dans l'expression "baccalà per Corsica", que l'on utilise pour désigner ironiquement ce que l'on donne avec mépris.


Pâques en Finlande
Le monde chrétien célèbre Pâques en souvenir de la résurrection du Christ mais cette grande fête est aussi celle de l’arrivée du printemps bien que mars et avril soient encore, dans le Grand Nord, des mois d’hiver.

Ainsi, bien avant Pâques, les enfants sèment, dans des assiettes, des graines de "ray-grass" qu'ils font pousser au bord de la fenêtre. On dispose des branches de saule dans des vases remplis d'eau pour les faire bourgeonner. De nos jours, tulipes, lys et narcisses sont importés d’Europe continentale mais avant le transport aérien, on les confectionnait tout simplement avec du papier de soie et des plumes d’oiseau peintes.

Pâques est le centre d’une succession de fêtes marquant tout le printemps. Sept semaines avant Pâques, on célèbre le Mardi gras appelé Laskiainen en finnois. Cette journée marque le commencement des carêmes catholique et orthodoxe. Le royaume de Suède, auquel la Finlande a appartenu jusqu’en 1809, ayant adopté la réforme protestante au XVIe siècle, le Mardi gras changea de sens pour se transformer, à la campagne, en une fête ponctuant le cycle de labeur annuel des femmes. On faisait ripaille et tout le village allait descendre en luge les pentes enneigées.

Il y a des siècles que les Finlandais n’ont plus besoin d’observer le carême mais la tradition veut que l’on mange bien au Mardi gras : soupe de pois, crêpes et brioches fourrées à la crème fouettée, à la confiture ou à la pâte d’amandes. Ils ont aussi été empruntés aux orthodoxes les blinis, crêpes à la farine de blé noir.

Le Mardi gras reste une journée importante de l’hiver. Les enfants quittent les garderies et les écoles pour aller faire de la luge. On récite en même temps des formules pour que la récolte de lin soit bonne et que les navets deviennent gros comme des poings. Le Mardi gras est, dans les villes, l’occasion de vanter les mérites de la vie au grand air et de prévenir en même temps des risques d’une mauvaise nutrition.

La semaine sainte

La semaine sainte commence le dimanche des Rameaux et finit par le dimanche et le lundi de Pâques. Vous pouvez, le dimanche des Rameaux, vous munir du bouquet de branches de saule consacré et aller présenter vos bons voeux aux amis et à la famille. Les Finlandais appellent cette coutume Virpominen. Il s’agit d’une vieille coutume orthodoxe de l’Est de la Finlande : les enfants avaient naguère coutume, le dimanche des Rameaux, d’aller de maison en maison réveiller les gens des environs à coups de branches de saule bourgeonnant. La coutume s’est généralisée dans tout le pays depuis le début du siècle.

Dans l’année ecclésiastique finlandaise, le calvaire du Vendredi saint a pris plus d’importance que le message de joie que véhicule la fête de Pâques. La profonde dévotion qui marquait la Semaine sainte se reflétait dans les coutumes populaires. Le Vendredi saint était une journée pleine d’interdits: on ne pouvait pas faire de feu, ni balayer, ni filer le lin; les visites étaient proscrites et il ne fallait pas manger avant le coucher du soleil. Dans certaines localités de l’ouest de la Finlande, il était d’usage de fouetter les enfants à l’aube du Vendredi Saint en souvenir des souffrances du Christ.

Le soleil se met à danser

Dans le sud-ouest de la Finlande, il fut un temps où les enfants faisaient, dès la nuit de Pâques, le tour des maisons voisines. On les entendait venir au bruit de leurs crécelles et de leurs cloches de vache. Le tintamarre signifiait que la Semaine sainte était finie. A leur plus grande joie, on leur construisait des balançoires et des tapecul dans les jardins.

Une vieille croyance veut que le soleil se mette à danser le matin de Pâques. L’astre solaire se réjouit ainsi de la résurrection du Christ. Il fut un temps où, tôt le matin, on se rendait en groupe sur un lieu élevé pour assister au moment où le disque d’or émergeait de la brume matinale, faisait une révérence et se mettait à sautiller.

Le Mammi et autres traditions culinaires

La table de Pâques est composée de plats à base d'oeufs, de poule et de mouton, à l'instar de certains traditionnels plats orthodoxes. L'agneau pascal est incontournable.

Le Pasha est un dessert traditionnel de Pâques introduit en même temps que la religion orthodoxe en pays finnois. C'est une tradition culinaire de l'ancienne Carélie, entre la mer Blanche et le golfe de Finlande qui appartenait alors à la Russie. Moelleux et délicieux, il est servi avec du pain blanc (nisu) dans certaines régions.

Mais le dessert le plus typique est le mämmi dont la recette remonte au Moyen-Âge et qui était confectionné, à l'époque, dans un contenant fait d'écorce. C'est une sorte de gruau brun à base de farine de seigle et de malt. De nos jours, le mélange est cuit à feu doux dans un récipient en carton qui imite l’écorce de bouleau et servi avec de la crème et du sucre. Aux temps anciens, on prenait le mämmi comme provision de carême à étaler sur une tranche de pain.

Le mämmi pascal est resté longtemps une spécialité du sud-ouest de la Finlande jusqu’à ce que les écoles ménagères, les syndicats agricoles et les livres de cuisine contribuent à sa généralisation au début du XIXe siècle. Ayant accédé à l’indépendance en 1917, la Finlande fut en quête de repères culturels typiquement nationaux. On retint notamment le mämmi - la spécialité n’était certes pas très sophistiquée et sa couleur très foncée n'est pas suggestive mais il s’agissait, tout compte fait, d’un met intrinsèquement finlandais. Aujourd’hui, le mämmi est un article saisonnier que les boulangeries n’oublient pas de proposer à leurs clients le moment venu. Les boîtes de mämmi en fausse écorce de bouleau apparaissent aux devantures des magasins peu de temps après les fêtes de fin d’année.

Les Oeufs

L’oeuf de Pâques est une coutume européenne et russe séculaire qui ne fit son apparition en Finlande qu’au XIXe siècle quand l’élevage des poules s’est généralisé. Cacher et chercher les oeufs de Pâques est un jeu dont les enfants raffolent. Poules, poussins, oeufs peints et petits lapins sont les attributs de Pâques dans chaque foyer même si les croyances associées au lapin qui distribue les oeufs de Pâques sont moins bien connues des Finlandais.

De nos jours, les enfants attendent impatiemment les oeufs "Mignons", une vraie coquille d'oeuf qui a été remplie de chocolat au lait.

Les trolls s'agitent à pâques

Les croyances populaires relatent les menées des trolls et des sorcières. Dans la vieille Europe, les sorcières s’agitaient surtout le 31 avril. Dans le Nord, on croyait en revanche que les trolls, génies malveillants, se livraient à leurs menées aériennes dans une période s’inscrivant entre le Vendredi saint et le jour de Pâques proprement dite. Ils profitaient ainsi du fait que le Christ était enfermé dans la grotte qui lui servait de sépulture.

Une autre croyance veut que les trolls soient des femmes âgées qui se sont mises au service de Satan. Elles inspiraient la crainte dans le mesure où elles avaient le pouvoir de nuire aux êtres humains et aux animaux domestiques. Dans l’ouest de la Finlande, il est encore d’usage, dans certaines localités, de faire de grands feux de bois dans la matinée du samedi de Pâques. Le feu avait, dit-on, la propriété d’effrayer les génies malveillants.

C’est au siècle dernier que les sorcières à cheval sur un balai et accompagnées d’un chat noir sont entrées dans la coutume de Pâques. Certes, ces suppôts du diable y perdirent leur méchanceté pour se muer en bonnes fées drôlesses. On les vit apparaître sur les cartes postales. Il s'est avéré que dès le XIXe siècle, les filles faisaient le tour des maisons, déguisées comme elles étaient en petites sorcières de Pâques. A l’approche de Pâques, on peut se retrouver nez à nez, dans les villages et dans les banlieues des villes, avec de bien singulières créatures. De petites filles coiffées d’un fichu et le visage noirci avec du charbon vont de porte en porte, équipées d’un balai, d’une cafetière et d’un bouquet de branches de saule décorées. Ces gamines déguisées en petites sorcières de Pâques (ce peut être des garçons) s’en vont réciter des formules magiques aux gens qui ont la gentillesse de leur ouvrir la porte, Elles vous scandent leurs meilleurs voeux à coups de branches de saule en demandant en retour une pièce de monnaie et des friandises

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Pâques en Grèce

Des oeufs teints en rouge
Pâques constitue la plus grande fête de la liturgie orthodoxe. Le Vendredi Saint, c'est jeûne. On ne mange que des olives, des légumes et du pain. Le samedi, toute la famille prépare des oeufs cuits durs que l'on teint en rouge. On tresse le tsoureki, garni, lui aussi d'oeufs rouges. lorsque les cloches sonnent sur le coup de minuit pour annoncer la résurrection du Christ, on dépose sur la table la soupe aux tripes mayeritsa dans laquelle on a fait cuire le coeur et les poumons de l'agneau pascal et on rompt le pain de Pâques. Chacun choisit un oeuf rouge dans la corbeille; on doit le maintenir avec trois doigts et essayer de casser l'oeuf de son voisin.

Le Jour de Pâques, on se lève tôt car il faut bien cinq heures pour cuire l'agneau rôti à la broche accompagné de riz, de salade et d'une boulette spéciale faite avec de foie, d'oignons et de légumes hachés fins et maintenue par une lanière d'intestin. En attendant, on festoie, on boit et on mange.

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Pâques en Italie

Bien des légendes entourent la Colomba (colombe). L'une d'elles raconte que tout de suite après Pâques, lors de la Bataille de Legnano, les Milanais qui se battaient contre Barberousse virent le combat tourner à leur avantage lorsque trois colombes s'envolèrent d'une église. La légende poursuit en racontant que depuis ce temps, les Milanais se remémorent cet événement en mangeant des gâteaux en forme de colombe. Partout dans le monde, la Colomba est synonyme de bonnes nouvelles et termine le repas de Pâques dans la joie.

Composition: la farine, du beurre, des jaunes d'oeufs, du sucre, du zeste d'orange, des amandes et du lait.

Dégustation: Tout en étant un délice pour le palais, sa texture délicate et moelleuse et sa croûte dorée n'en constituent pas moins un apport à haute valeur nutritive.

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Pâques au Royaume-Uni

Pâque au singulier désigne la fête juive. Pâques au pluriel désigne la fête chrétienne. Elle nous arrive comme une bouffée de printemps et marque le retour des semailles, la naissance des agneaux...

Œuf et lapin en chocolat, symboles de fertilité et de renouveau, sont au rendez-vous. Avez-vous pensé à une chasse à l'œuf dans la maison ou le jardin au matin de Pâques ?

La coutume de décorer les œufs remonte au Moyen Âge. En 1290, le roi Edward I commanda 450 œufs recouverts de feuille d'or afin de les offrir en présents. Le peuple anglais, ne voulant pas se priver d'un tel plaisir, commença à les envelopper de papier coloré et de rubans.

Et que dire des "hot cross buns"! Ces brioches ou pains aux fruits confits et aux épices trouvent leur origine bien avant l'ère chrétienne car on offrait de petits gâteaux à Eostre, déesse saxonne pour fêter l'équinoxe du printemps. Mais le signe de croix sur la brioche, direz-vous, c'est bien un signe du christianisme ? C'est le symbolisme que nous lui donnons aujourd'hui mais ils représentaient, en ce temps, les quatre quartiers de lune. Plus tard l'Église, incapable de faire disparaître les anciennes croyances, décida de les adapter en associant le dessin à la croix du Christ. Bien plus, elles représentaient aussi la pierre recouvrant le tombeau de Jésus. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle on les mangeait le vendredi saint. La mystique entourant les " hot cross buns " étaient si grande qu'on en conservait quelques unes dans la cuisine tout au long de l'année pour chasser le démon. Les marins en apportaient en mer pour les préserver des naufrages.

Typiquement anglais, le brunch du dimanche ou le dîner comporte invariablement un rôti d'agneau accompagné d'une sauce à la menthe, de pommes de terre et de petits pois verts. Ajoutez des jonquilles ou des narcisses en pot comme centre de table… il n'en faut pas davantage pour créer une ambiance toute britannique.

En Écosse, les célébrations ne seraient pas complètes sans de grands feux de joie. Des compétitions sont organisées dans le Nord de l'Irlande le jour de Pâques: on jette des oeufs sur une pente et le gagnant est celui qui a fabriqué l'oeuf qui va le plus loin sans se casser ou alors (selon une autre règle) celui qui arrive à lancer un oeuf entre deux cochons. L'événement le plus connu a lieu dans Avenham Park à Preston au Lancashire.

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Pâques en Russie

C'est en Russie que la célébration de Pâques atteint son plus grand éclat. Pâques est la plus grande fête du calendrier orthodoxe russe. Ici, elle est célébrée par un échange d'oeuf et trois baisers accolades. Le type d'oeuf offert dépend de la fortune de chacun mais l'oeuf de poule peint est, sans conteste, le plus populaire.

Selon Elena Molokhovets, la seule femme chef reconnue en Russie au XIXe siècle, la table doit être dressée d'une nappe du blanc le plus pur. La femme doit sortir du buffet sa plus fine porcelaine et sa plus belle argenterie suivant sa fortune. Au centre, des fruits, des jacinthes en pot, des lys de la vallée et des narcisses. Chaque invité doit retrouver devant lui l'oeuf peint traditionnel. Au menu, un agneau au beurre, un jambon au four et des venaisons.

Si les temps ont changé, les desserts demeurent immuables: le kulich (ou kulitch) et le paskha.

Le kulich se prépare plusieurs jours à l'avance. C'est un gâteau parfumé au rhum et au safran dont la fabrication ressemble davantage à celle d'un pain. Il contient des fruits confits, des amandes et des raisins. Sa forme est spéciale, tout en hauteur, le glaçage fondant en coulées sur les côtés. On le décore des lettres XB en fruits confits, représentant en caractère cyrillique les lettres pour "Christos voskres" - "le Christ est ressuscité." Il est d'usage de l'apporter à la messe du dimanche de Pâques, une chandelle plantée en son centre, pour être béni par le prêtre.

Le kulich est toujours accompagné du paskha, en forme de pyramide. On retrouve encore les lettres "XB" sur ses flancs. Fait de fromage blanc égoutté, chacun y va de son petit secret. C'est ainsi qu'une princesse dévoila à Molokhovets qu'elle préférait remplacer les noix et les baies par des zestes de citron pour lui apporter plus de fraîcheur. Dans les états baltes, on préfère le servir nature, non décoré avec une tranche de pain aux noix ou aux amandes.

Rendez-vous au cimetière russe
Les œufs de Pâques russes sont cuits pour l'occasion avec des pelures d'oignons pour leur donner une teinte brune. Rendez-vous au cimetière le jour de Pâques pour manger vos oeufs sur la tombe de ceux que vous aimez. En partant, n'oubliez pas d'en laisser quelques-uns. Ce sont les mendiants qui les mangent... mais l'esprit des morts est apaisé à travers eux.

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Pâques en Suède

Le jeudi saint, elles arrivent, les fameuses «sorcières de Pâques». Et dire que certains pensent que ce sont seulement des enfants déguisés! Contre une chanson ou deux, elles quémandent des friandises à mettre dans leurs cafetières en prévision de leur voyage vers la Montagne bleue, à cheval sur leur balai. La veille de Pâques, les enfants reçoivent un oeuf rempli de friandises.

La veille de Pâques, on mange du hareng et des oeufs. Le dimanche, sur la table, on dépose maintenant l'agneau pascal mais cette coutume est récente. Il trône à côté du hareng et du saumon cuisinés de multiples façons dont les strömmingsflundror (harengs farcis) et le laxpudding (gratin de saumon).

Les enfants ont coloré des paniers d'oeufs cuits durs - en jaune avec des pelures d'oignon, en rouge, avec du jus de betterave. Il faut maintenant se mettre deux par deux et entrechoquer notre oeuf sans le casser. Le premier qui craque a perdu. L'autre bénéficiera de la chance l'année durant.

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