15/01/2008

Et si vous étiez dans la peau de votre chien ?

chien

Comment notre compagnon à quatre pattes perçoit-il son environnement ? Voit-il comme nous ? Quels sons capte-t-il ? Son comportement est-il assujetti au nôtre ? Incarnez-vous un instant en chien. Une expérience étonnante !

La vision :

Capable de débusquer une proie à des centaines de mètres, la vision du chien est loin d'être aussi fine que l'on pourrait croire. Perçoit-il les couleurs ? Voit-il mieux la nuit ? L'œil canin présente, certes, une anatomie similaire à celui de l'Homme mais s'en différencie en de nombreux points.

Perception des couleurs

Tout et son contraire ont été dits au sujet de la vision de nos compagnons à quatre pattes. Vue en noir et blanc ou encore grise, difficile de s'y retrouver. D'un point de vue anatomique, l'œil du chien est sensiblement similaire à celui de l'Homme.
Qu'est-ce qui permet de percevoir les couleurs ? La rétine présente des cellules nerveuses sensibles à différentes longueurs d'onde correspondant chacune à une couleur précise : jaune vert, bleu violet ou rouge orangé : les cônes. Ces photorécepteurs sont reliés au système nerveux via des nerfs. Le cerveau analyse ensuite les données. Contrairement au genre humain, les canidés possèdent peu de ces cônes. Il leur manque, en l'occurrence, les cônes L qui détectent les grandes longueurs d'onde correspondant à la couleur rouge et proches de celle-ci.
Pour résumer, la vision du chien est équivalente à celle d'un daltonien. Il ne peut distinguer des nuances froides allant du vert au bleu. Bien sûr, il perçoit également le noir et le blanc grâce à d'autres cellules nerveuses rétiniennes, les bâtonnets.

spectre

Vision nocturne développée

De ce point de vue, le chien nous supplante largement. Comme pour bon nombre de chasseurs, avoir une bonne vue la nuit est indispensable. La rétine contient des photorécepteurs sensibles cette fois non pas aux couleurs mais à la luminosité: les bâtonnets. L'œil du chien en comprend une large quantité d'où une vision plus développée en pleine nuit. Cette fonction est aussi facilitée par le fort pouvoir dilatateur de la pupille. Au moindre rayon lumineux, elle se dilate pour l'acheminer directement aux bâtonnets.

Mais l'œil canin présente comme chez le rat une couche disposée en arrière de la rétine, le topetum lucidum. Absente chez l'homme, elle possède un fort pouvoir réfléchissant et permet d'exploiter au maximum une faible luminosité ; c'est un genre de miroir. Les différents rayons lumineux arrivant à son niveau sont ensuite directement concentrés puis renvoyés aux photorécepteurs. Cette couche de cellules cristallines explique également que la nuit, les yeux de notre chien sont jaunes lorsqu'on les illumine. Cette vue de lynx en pleine nuit n'est possible que si l'œil perçoit un minimum de lumière ; sans un clair de lune ou autre, le chien ne verra strictement rien.

oeil

Vue panoramique

Avez-vous déjà constaté à quel point le chien possède une forte aptitude à anticiper, contrairement à nous ? En fait, il a les yeux partout. De part leur disposition latérale sur leur tête, surtout pour les canidés à gros museaux, le chien peut parfaitement voir sur les côtés. Notre champs visuel n'excède pas 160° celui du chien s'étend à 250° en moyenne.
Mais il est tout de même loin d'avoir une vue aussi perçante que ça. Son acuité visuelle est relativement mauvaise. Il a beaucoup de difficulté à accommoder, à savoir faire une mise au point sur ce qu'il regarde quelle que soit la distance qui les sépare. Sa vision de près est hasardeuse ; il voit aussi bien qu'un presbyte. Les responsables sont doubles : les canidés possèdent bien moins de fibres nerveuses dans leur nerf optique que l'Homme et sa fovéa, partie centrale de la macula point central de l'acuité visuelle est moins développée.

Les canidés possèdent une vision qualitativement médiocre mais quantitativement développée. Cela lui suffit pleinement pour sa vie de chien. Il capte parfaitement bien les mouvements et voit bien de loin : deux avantages certains pour chasser.


L'ouie :

En un coup de sifflet le chien revient immédiatement vers son maître même s'ils sont éloignés de plusieurs dizaines de mètres. L'ouie des canidés est 2 fois plus développée que celle de l'Homme. Cette finesse auditive leur permet d'appréhender leur environnement et de capter des événements naturels imminents comme les tremblements de terre.

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Compartimentation de l'oreille

Q'une voiture démarre sur les chapeaux de roue ou qu'un petit rongeur passe son chemin à plusieurs mètres de lui, il l'entend parfaitement. Les canidés perçoivent des fréquences sonores s'échelonnant de quelques hertz à 50 000 hertz en moyenne. C'est bien supérieur à l'ouie humaine qui en capte de 16 à 20 000 hertz.
D'où vient cette faculté canine d'entendre les infrasons (fréquence inférieure à 20 hertz) et les ultrasons (fréquence supérieure à 20 000 hertz) ?

Comme tous les mammifères, l'oreille se "décompose" en trois parties :
- L'oreille externe est essentiellement constituée de cartilage, de peau et de muscles. Le pavillon est percé d'un tube auditif externe (on le nettoie) qui débouche sur une fine membrane capable de vibrer, le tympan.
- L'oreille moyenne est dotée d'un ensemble d'os qui ont pour fonction première de propager les fréquences sonores et de les amplifier. Comment ? En vibrant, le tympan, déclenche l'actionnement des osselets qui eux-mêmes démarrent le marteau, l'étrier et l'enclume.
- L'oreille interne comprend deux parties : la cochlée et le centre de l'équilibre. L'ensemble constitue le labyrinthe.

Une finesse mécanique

Là où l'ouie du chien diffère de celle de l'homme, c'est au niveau le limaçon ou la cochlée. Cet organe est pourvu de nombreuses cellules sensorielles ciliées, les organes de Corti. Ces cils se déforment sous l'action mécanique du liquide compris à l'intérieur de la cochlée. D'où vient ce mouvement ? Des ondes sonores propagées par l'oreille moyenne. Chez les canidés, le nombre de ces organes de Corti est bien plus important que chez le genre humain, surtout ceux ayant des petits cils. Plus il y en a, plus l'oreille est capable de déceler des fréquences aiguës.

"Les osselets transforment les fréquences sonores en ondes mécaniques"

Autre point : le chien présente de nombreuses cellules ciliées à l'entrée de la cochlée, près de la fenêtre ovale, une membrane 20 fois plus petite que le tympan, logée dans l'oreille moyenne. Cette disposition explique que l'animal perçoit les ultrasons.
Les organes de Corti sont reliés à des fibres nerveuses, rassemblées ensuite en un nerf auditif. Il envoie les informations au cerveau. D'ailleurs, une plus grande partie du cerveau des chiens est disponible aux traitements de ces stimuli.

Des oreilles aux aguets

La finesse auditive de nos compagnons à quatre pattes est également amplifiée par la mobilité de ses oreilles. Vous avez certainement constaté qu'elles sont très douées pour faire les girouettes. L'extérieur est massivement cartilagineux et très musculeux, bien plus que celle de l'Homme.
Cette composition explique à elle seule que l'oreille bouge et se dirige directement vers la source sonore. Quel en est l'intérêt ? Le son est mieux perçu par l'oreille et le pavillon joue mieux son rôle de caisse de résonance. Avant même de pénétrer à l'intérieur, le son est d'ores et déjà plus important.


L'odorat :

Leur flair ne trompe jamais. Les chiens sont les champions pour retrouver une personne disparue rien qu'avec son odeur ou encore pour détecter des traces infimes de drogues cachées dans des bagages. Un atout mis au profit des policiers.

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Une détection hors norme

Sans sa truffe, le chien aurait beaucoup de mal à se représenter son environnement et à s'y mouvoir. L'odorat est primordial ; ce qui explique sa grande sensibilité. D'où vient ce flair hors pair ?
D'un point de vue purement anatomique, l'intérieur de sa truffe est percé de deux canaux : l'un lui sert seulement à la respiration, le deuxième permet de sentir et de distinguer les odeurs. Celui-ci est tapissé d'une fine couche de peau, la muqueuse ; elle mesure environ 130 centimètres carrés, contre 3 cm² pour l'Homme. C'est vous dire la précision olfactive dont font preuve les canidés.
Cet épithélium est pourvu de cellules sensorielles, cellules olfactives ciliées ; les cils baignent dans un épais mucus secrété par les glandes de Bowman. Le nombre de cellules ciliées est 35 fois supérieur à celui du nez humain, soit une moyenne de 150 millions de cellules réceptrices.

Un million de fois plus performant

Les molécules odorantes sont auparavant triées et séparées des grains de poussières grâce à un ensemble de cils. Acheminées au niveau du cornet nasal supérieur, elles sont engluées dans le mucus puis détectées par les millions de cellules olfactives ciliées. D'après les scientifiques, ces cellules seraient spécialisées.
Une fois capturées par ces cellules réceptrices, elles sont traduites en une information nerveuse véhiculée via de nombreuses fibres nerveuses au cerveau. Plusieurs structures cérébrales sont alertées dont l'hypothalamus. Une réponse est ensuite induite.
Le chien est capable de déceler environ 44 odeurs différentes et ce à des concentrations très faibles. En effet, une étude montre que pour les senteurs les plus prononcées, les canidés peuvent les sentir même diluées à un million de milliardième !

Cette olfaction ultra développée est complétée par un autre organe qui est spécialisé pour la reproduction. Il s'agit l'organe voméro-nasal ou l'organe de Jacobson présent parmi de nombreux mammifères et reptiles. Il est atrophié chez l'Homme.
Il se situe précisément dans le plancher de la cavité nasale. Il débouche en un canal derrière les incisives. En ouvrant sa gueule, le chien capture en plus de l'air des molécules odorantes. L'organe de Jacobson les détecte et en réfère en haut lieu grâce à des réseaux nerveux.
Cet organe sert essentiellement à percevoir les phéromones, hormones stimulant la reproduction. L'hypothalamus agit en conséquence et provoque une réponse pour faciliter l'accouplement.

odorat


L'apprentissage :

Comment un chien est-il à même de vivre dans une société telle que la nôtre en restant à sa place ? L'éducation en est la clé ; le maître doit élever le chiot à son futur statut. Comment celui-ci le perçoit-il ?

conscience

Possession d'une conscience ?

Entrée en matière plutôt difficile. Cette question divise bon nombre de spécialistes et le terme même de conscience continue d'alimenter les discussions. Pas moins de sept définitions sont données sur la conscience. Sans entrer dans le débat, là n'est pas le sujet, il en existe fondamentalement deux grands types :
- la conscience dite sensible où l'individu a conscience de quelque chose. Il perçoit un phénomène ou événement
- La conscience dite réfléchie où le sujet est à l'intérieur de son corps et voit à quoi il est en train de penser et voit son action.
Chez le chien, il est relativement difficile d'ignorer qu'il possède une forme de conscience de soi. Il connaît souvent ses limites corporelles, il sait se mouvoir dans l'espace donc il sait gérer son corps spatialement. Tout cela il l'a acquis grâce à un apprentissage.
Petit bémol à apporter : cette conscience du soi a ses limites. En est pour preuve l'attaque d'un gros molosse par un petit chien. Celui-ci ne perçoit pas du tout qu'il ne fait pas le poids.

Une mémorisation indéniable

L'apprentissage passe indéniablement par une répétition de gestes. Comme nous, une grande partie de notre éducation se réalise au travers d'expériences répétées. Notre cerveau imprègne au fur et à mesure de notre apprentissage les informations qui sont ensuite indispensables pour notre vie future. Pour le chien, il doit passer également par ce processus.
Comme les humains, les canidés sont dotés d'une mémoire dite

immédiate.

A savoir que lorsque un événement vient de se produire, l'animal est à même de s'en rappeler et de le reproduire. Mais ce qui fait l'apprentissage est la consolidation de ces différentes expériences. Par exemple, faire asseoir un chien ne se fait pas du premier coup. Il faut du temps pour que l'animal saisisse qu'en fonction du geste réalisé par le maître ainsi que l'intonation de sa voix, il doit s'asseoir. En répétant, le cerveau va alors enregistrer l'information dans la mémoire dite définitive.
Si le maître ne donne pas les bons signaux au chien pour la position assise, le chien ne s'exécutera pas car il ne comprendra pas ce qu'il lui demande. Son comportement découle directement de son éducation. Ce qui explique que parfois certains maîtres se sentent dépassés par les événements et ne contrôlent plus leur animal de compagnie.


La communication :

L'aboiement, le toucher, les crocs en avant sont autant de moyens utilisés par les canidés pour communiquer avec leurs congénères ou leur maître.

Mode de communication

Communiquer avec le monde extérieur ; le chien en est tout à fait capable. Par différentes techniques et signaux, les canidés sont tout à fait à même de se faire comprendre de leur maître. Tout comme chez le genre humain, leur corps en entier est source de communication. C'est le paralangage.
Suivant la position des oreilles, le retroussement des babines, la direction de son regard… le maître sait parfaitement le message que son animal de compagnie veut lui faire passer. Peur, impatience, colère, joie sont exprimées par les gestes corporels et amplifiés par des sons émis par le chien. Plus il est de basse fréquence et long, moins le signal est positif. Le chien vous fait comprendre soit son mécontentement, soit son énervement. Si le son est aiguë, il est dans de bonne disposition à votre égard.

Une compréhension pas toujours simple

Pour bien comprendre le comportement des canidés, il faut l'observer dans son ensemble et pas uniquement se fier à un geste ou à un grognement de sa part. Certains maîtres éprouvent de grandes difficultés à se faire obéir de leur chien. Non pas qu'ils ont face à eux, un cabot tête de pioche mais l'animal ne comprend pas faute d'une mauvaise utilisation des moyens de communication.
Le cerveau canin peut comprendre quelques mots de l'Homme. En fait, les canidés utilisent essentiellement leur mémoire associative pour comprendre ce que l'homme leur veut et lui demande. La bonne gestuelle s'acquièrt lors de l'apprentissage. Si vous voulez faire asseoir votre chien, il suffit d'effectuer un geste simple accompagné d'un mot comme "assis" sur une intonation ferme mais qui ne le réprime pas. Le chien est capable de savoir quand vous vous adressez à lui ou non. Comment ? Par l'audition de son nom aidé d'un regard de son maître dans sa direction.
L'incompréhension maître-chien réside dans une mauvaise utilisation de ces différents codes : geste, regard, intonation. Les canidés ne sont pas doués d'une intelligence à l'échelle humaine.


15:43 Écrit par Isa dans Saviez-vous que ... | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : chien |  Facebook |

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